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Avril 2004

Dimanche 25 avril 2004

15h30. Aude a perdu l'usage de la parole !

 

Moins d'une heure après le départ de Georges, Bénédicte et les garçons, Aude ne sait plus parler, balbutie, a des mouvements incohérents : nous reconnaissons incrédules les signes d'hydrocéphalie aigue !

Faut-il rappeler que les neurochirurgiens d'Erasme avaient déclaré ne plus vouloir rien entreprendre sur Aude en cas de nouvelle crise !

 

La Providence a voulu qu'un ami prêtre, le Père Emmanuel de Clerlande soit témoin de la dégradation spectaculaire de la conscience de Aude qui a suivi ces moments de bonheur et qu'il aie le sacrement des malades sur lui. Aude a donc reçu la force de ce sacrement pour la cinquième fois ce dimanche, tandis que nous essayons de contacter notre médecin de garde.

 

Par une autre Providence, une amie nous avait fait rencontrer pas plus tôt que ce jeudi un pédiatre spécialisé en soins palliatif travaillant à Ottignies. Celui-ci avait entendu parler du cas de Aude et proposé de nous accompagner dans la fin de vie de notre fille.

Vendredi, sans perdre de temps, il avait pris contact avec le docteur S. de l'HUDERF en notre nom et avait eu un excellent contact, ce qui nous laissait entrevoir une saine collaboration pour nous aider dans l'assistance médicale de Aude. Il avait aussi eu contact avec notre médecin de garde. Mieux, il nous avait laissé son numéro de mobile en cas de besoins.

Je n'avais pas encore eu le temps d'en parler ici, vu la mise en place en cours de la collaboration.

 

Aude présentait à ce moment tous les signes d'une hydrocéphalie très aigüe.

Que faire ? Ni notre médecin de garde, ni le docteur Jean-Jacques ne semblait être joignable par téléphone ou par mobile.

Contacter le service d'urgence de l'hôpital Erasme ? Quant à la pédiatre de garde à l'hôpital Erasme, elle nous disait de venir aux urgences, mais cela allait nécessiter trois quart d'heures de trajet, au cours desquels tout pouvait arriver ! Pire, nous savions que si on faisait un scanner à Aude à son arrivée dans le service, il n'y aurait pas de neurochirurgien présent pour examiner les clichés. Il faudrait donc au moins une heure avant qu'on intervienne, à supposer que quelqu'un de cet établissement accepte encore d'intervenir sur Aude compte tenu des remarques émises lors des réunions qui avaient précédé le retour de Aude à la maison et l'ambiance qui avait entouré le retrait des agraphes il y a quelques jours à peine. Vieng et moi étions persuadés que le problème était lié au drain et pas à la tumeur, mais comment faire entendre notre voix alors que nous n'avions pas été écoutés lors des dernières crises ?

A nos côtés, le père Emmanuel est resté en prière au chevet de Aude.

Quel soulagement lorsque soudain, le téléphone a sonné et qu'au bout du fil, nous avons reconnu la voix du docteur Jean-Jacques qui nous exliquait qu'il avait pris une série de contacts dès qu'il avait entendu le message que nous avions laissé sur son répondeur et qui nous invitait à nous présenter dès que possible aux urgences de l'hôpital d'Ottignies, distant de 3 kilomètres environ de la maison.

Sans hésiter, nous installons Aude dans la voiture et nous la conduisons à l'hôpital.

 

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng

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