Moins d'une heure après le départ
de Georges, Bénédicte et les garçons, Aude
ne sait plus parler, balbutie, a des mouvements incohérents
: nous reconnaissons incrédules les signes d'hydrocéphalie
aigue !
Faut-il rappeler que les neurochirurgiens
d'Erasme avaient déclaré ne plus vouloir rien entreprendre
sur Aude en cas de nouvelle crise !
La Providence a voulu qu'un ami prêtre,
le Père Emmanuel de Clerlande soit témoin de la
dégradation spectaculaire de la conscience de Aude qui
a suivi ces moments de bonheur et qu'il aie le sacrement des
malades sur lui. Aude a donc reçu la force de ce sacrement
pour la cinquième fois ce dimanche, tandis que nous essayons
de contacter notre médecin de garde.
Par une autre Providence, une amie nous avait
fait rencontrer pas plus tôt que ce jeudi un pédiatre
spécialisé en soins palliatif travaillant à
Ottignies. Celui-ci avait entendu parler du cas de Aude et proposé
de nous accompagner dans la fin de vie de notre fille.
Vendredi, sans perdre de temps, il avait pris
contact avec le docteur S. de l'HUDERF en notre nom et avait
eu un excellent contact, ce qui nous laissait entrevoir une saine
collaboration pour nous aider dans l'assistance médicale
de Aude. Il avait aussi eu contact avec notre médecin
de garde. Mieux, il nous avait laissé son numéro
de mobile en cas de besoins.
Je n'avais pas encore eu le temps d'en parler
ici, vu la mise en place en cours de la collaboration.
Aude présentait à ce moment
tous les signes d'une hydrocéphalie très aigüe.
Que faire ? Ni notre médecin de garde,
ni le docteur Jean-Jacques ne semblait être joignable par
téléphone ou par mobile.
Contacter le service d'urgence de l'hôpital
Erasme ? Quant à la pédiatre de garde à
l'hôpital Erasme, elle nous disait de venir aux urgences,
mais cela allait nécessiter trois quart d'heures de trajet,
au cours desquels tout pouvait arriver ! Pire, nous savions que
si on faisait un scanner à Aude à son arrivée
dans le service, il n'y aurait pas de neurochirurgien présent
pour examiner les clichés. Il faudrait donc au moins une
heure avant qu'on intervienne, à supposer que quelqu'un
de cet établissement accepte encore d'intervenir sur Aude
compte tenu des remarques émises lors des réunions
qui avaient précédé le retour de Aude à
la maison et l'ambiance qui avait entouré le retrait des
agraphes il y a quelques jours à peine. Vieng et moi étions
persuadés que le problème était lié
au drain et pas à la tumeur, mais comment faire entendre
notre voix alors que nous n'avions pas été écoutés
lors des dernières crises ?
A nos côtés, le père Emmanuel
est resté en prière au chevet de Aude.
Quel soulagement lorsque soudain, le téléphone
a sonné et qu'au bout du fil, nous avons reconnu la voix
du docteur Jean-Jacques qui nous exliquait qu'il avait pris une
série de contacts dès qu'il avait entendu le message
que nous avions laissé sur son répondeur et qui
nous invitait à nous présenter dès que possible
aux urgences de l'hôpital d'Ottignies, distant de 3 kilomètres
environ de la maison.
Sans hésiter, nous installons Aude
dans la voiture et nous la conduisons à l'hôpital.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng