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Mars 2004

Dimanche 28 mars 2004

11h30. Quand l'angoisse nous prend à la gorge

 

Aude a passé une bonne nuit. Elle s'est réveillée vers 6h00 du matin, a été à la toilette, est retournée dans son lit. Sa démarche est très faible, son équilibre beaucoup plus instable qu'avant les opérations de samedi et dimanche dernier.

Arrivée dans son lit, elle a vomi, "comme tous les matins", puis s'est rendormie.

Elle s'est réveillée vers 8h30. Elle insistait pour que je reste près d'elle. Aude voulait faire de la prestidigitation avec une boule de coton.

Je l'ai convaincue après plusieurs tentatives de rejoindre tout le monde dans le salon. Installée dans un fauteuil, elle a un peu dessiné et est restée avec nous une bonne heure.

 

 

Vieng est particulièrement nerveuse ce matin. A son lever et pendant qu'elle dessinait, Aude s'est plaint plus qu'hier de voir double. Cela la gêne maintenant, alors qu'avant hier elle prétendait que cela ne la gênait pas. Son rictus facial est d'ailleurs lui aussi plus prononcé, signe d'une aggravation de son état neurologique. Sans doute ce fameux kyste qui continue à prendre l'ampleur.

Quand peut-on dire que la situation est critique eu égard à ce fameux kyste de liquides céphalo-rachidiens ? Comment discerner ce qui ressort de son évolution implaquable, mais tolérable jusqu'à l'opération prévue demain matin, de ce qui serait un sgne qu'il faut intervenir "en urgence" avant la fin de ce dimanche ?

En voyant Aude dessiner dans le salon, nous avons d'abord hésité à rejoindre l'hôpital, pensant qu'il n'y avait de raisons d'être inquiet.

Et puis s'est enclenché un mécanisme que je ne connais que trop bien. Aude a déclaré qu'elle avait mal à l'oeil, qu'elle ne voyait presque plus. Vieng a laissé poindre son angoisse et, alors qu'elle voulait que je l'accompagne à la messe dominicale quelques minutes plus tôt, elle a perdu son calme, a fini par appeler l'hôpital, tout en sachant très bien que la réponse sera systématiquement qu'il est impossible de faire une évaluation de la situation par téléphone et que si, nous avons le moindre doute, nous devons venir avec Aude à l'hôpital où une pédiatre l'examinera et appellera "si nécessaire" un neurochirurgien.

Nous nous préparons donc à partir à l'hôpital dans les minutes qui viennent, abandonnant là frères, soeurs et belle-soeurs, enfants et neveux.
Pourrons-nous attendre demain matin comme prévu la nouvelle intervention neurochirurgicale prévue pour fénestrer le kyste dont je vous ai parlé dans un mail précédent ? Dieu seul le sait.

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng

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