Aude a passé une bonne nuit. Elle s'est
réveillée vers 6h00 du matin, a été
à la toilette, est retournée dans son lit. Sa démarche
est très faible, son équilibre beaucoup plus instable
qu'avant les opérations de samedi et dimanche dernier.
Arrivée dans son lit, elle a vomi,
"comme tous les matins", puis s'est rendormie.
Elle s'est réveillée vers 8h30.
Elle insistait pour que je reste près d'elle. Aude voulait
faire de la prestidigitation avec une boule de coton.

Je l'ai convaincue après plusieurs
tentatives de rejoindre tout le monde dans le salon. Installée
dans un fauteuil, elle a un peu dessiné et est restée
avec nous une bonne heure.
Vieng est particulièrement nerveuse
ce matin. A son lever et pendant qu'elle dessinait, Aude s'est
plaint plus qu'hier de voir double. Cela la gêne maintenant,
alors qu'avant hier elle prétendait que cela ne la gênait
pas. Son rictus facial est d'ailleurs lui aussi plus prononcé,
signe d'une aggravation de son état neurologique. Sans
doute ce fameux kyste qui continue à prendre l'ampleur.
Quand peut-on dire que la situation est critique
eu égard à ce fameux kyste de liquides céphalo-rachidiens
? Comment discerner ce qui ressort de son évolution implaquable,
mais tolérable jusqu'à l'opération prévue
demain matin, de ce qui serait un sgne qu'il faut intervenir
"en urgence" avant la fin de ce dimanche ?
En voyant Aude dessiner dans le salon, nous
avons d'abord hésité à rejoindre l'hôpital,
pensant qu'il n'y avait de raisons d'être inquiet.
Et puis s'est enclenché un mécanisme
que je ne connais que trop bien. Aude a déclaré
qu'elle avait mal à l'oeil, qu'elle ne voyait presque
plus. Vieng a laissé poindre son angoisse et, alors qu'elle
voulait que je l'accompagne à la messe dominicale quelques
minutes plus tôt, elle a perdu son calme, a fini par appeler
l'hôpital, tout en sachant très bien que la réponse
sera systématiquement qu'il est impossible de faire une
évaluation de la situation par téléphone
et que si, nous avons le moindre doute, nous devons venir avec
Aude à l'hôpital où une pédiatre l'examinera
et appellera "si nécessaire" un neurochirurgien.
Nous nous préparons donc à partir
à l'hôpital dans les minutes qui viennent, abandonnant
là frères, soeurs et belle-soeurs, enfants et neveux.
Pourrons-nous attendre demain matin comme prévu la nouvelle
intervention neurochirurgicale prévue pour fénestrer
le kyste dont je vous ai parlé dans un mail précédent
? Dieu seul le sait.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng