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Mars 2004

Vendredi 19 mars 2004

14h30. Saint Joseph nous a réservé des surprises

 

 

Il y a des jours comme cela, où on se demande si on a bien fait de sortir de son lit, si on aurait pas mieux fait de se complaire dans les jardins secrets de ses rêves, et cela, même si c'est la fête de Saint Joseph, un père pas comme les autres du le calendrier.

Cette nuit avait déjà été particulièrement pénible : Antoine a fait des cauchemars, Xavier toussait, Aude était angoissée et s'est relevée je ne sais combien de fois pour aller à la toilette.

Le réveil pourtant n'avait pas oublié : il fallait se lever à 6h00, histoire de se préparer pour partir à 6H45 au plus tard pour aller à l'HUDERF, où Aude devait avoir une séance de résonnance à 8h00. Et comme tout le monde le sait, se rendre à Bruxelles le matin un vendredi, c'est être à coup sûr dans les bouchons et mettre 4 fois plus de temps que normalement.

A 7h30, Vieng et moi étions prêts, Cyrille avait eu son biberon matinal auquel il tient encore tant et Aude se levait en réclamant son déjeuner. Parce que, oui, elle avait faim et surtout pas envie de vomir. A peu de chose prêt à la même heure, Bénédicte arrivait d'Incourt pour garder les garçons et les conduire à l'école pour 8H25. Mardi dernier, lorsque nous étions rentrés de l'hôpital avec Aude et que nous nous étions contentés d'aller dire bonsoir à nos garçons, Antoine s'était mis devant la porte chez "Béné" pour nous empêcher de repartir, il avait fondu en larmes à notre départ. Bénédicte avait donc proposé de les laisser dormir à la maison ce jeudi soir et de se déplacer elle-même tôt le matin pour venir les prendre en charge.

Pour une fois, tout se passait comme prévu, Antoine faisait un beau sourire en entendant la voix de son institutrice, Xavier dormait encore lorsque nous sommes partis quasi à l'heure prévue.

Sur la route, nous avons rencontré les bouchons pressentis, nous avons gardé notre calme, apaisés par les chants d'Espérance de Jean-Claude Gianada. Nous avons choisi de foncer à l'HUDERF en passant par le centre de Bruxelles et nous sommes arrivés pile à l'heure à l'hôpital.

Pendant que je garais la voiture, Vieng est monté au premier étage, où devait avoir lieu l'opération. Quand à moi, je suis passé par le service de prélèvement sanguin chercher 2 flacons en vue de faire prélever du sang à Aude en même temps qu'on lui injecterait du produit de contraste pendant l'IRM.

Oui, mais voilà, il y avait un imprévu. En arrivant à l'étage, je me retrouve nez à nez avec Vieng et Aude au sortir de l'ascenseur : "Aude n'était plus inscrite pour aujourd'hui, elle avait été décalée à mardi prochain à 10h00, il n'était pas possible de l'intercaler aujourd'hui". Et on ne nous avais pas prévenu ! Tout ce qu'il faut pour vous donner l'envie de jurer un bon coup !

Après un bref passage par le bureau des infirmières en oncologie (ou ce qu'il en reste, puisque celles-ci occupent maintenant une chambre pour leurs réunions, compte tenu des travaux en cours pour leur aménager de nouveaux locaux), nous avons décidé de rentrer au plus vite à Ottignies et d'y aller plus tard faire le prélèvement de sang de Aude à l'hôpital Saint-Pierre, l'hôpital local.

Nous commencions à regretter de nous être levé si tôt lorsque, dans la voiture, Aude a demandé à notre plus grande surprise pour pouvoir aller à l'école une heure le matin. Dois-je écrire que Vieng était si surprise qu'elle a demandé plusieurs fois à Aude si c'était bien son intention et si elle s'en sentait vraiment la force, après la mauvaise nuit qu'elle venait de passer ?

Aude a rétorqué qu'on pouvait toujours essayé et que si elle avait mal à la tête ou vomissait, elle demanderait aux professeurs de nous appeler. Que répondre à cela ?

Vieng n'était toujours pas très convaincue de cette idée. Elle a proposé qu'on passe alors aussitôt à Saint-Pierre faire la prise de sang, histoire de savoir au plus vite si Aude était en aplasie.

Au sortir de Saint-Pierre, Vieng doutait encore que Aude allait avoir la force d'aller à l'école. Elle a proposé à Aude de repasser d'abord à la maison pour manger. Aude ne s'est même pas fait prier pour avaler un petit bol de lait aux céréales enrobées de chocolat.

Pouvait-on dans ces conditions s'opposer à l'idée de notre fille ? Non, bien sûr ! Nous avons donc conduit Aude à l'école. Il était 11h00 environ. Pas de chance : dans sa classe, il n'y avait que 2 stagiaiares et un instituteur, tous les élèves étant partis nagé à la piscine. Qu'à cela ne tienne, Aude n'avait plus envie de tourner en rond à la maison, elle a accepté la proposition des stagiaires et est restée avec eux (voir planche photos)

Nous étions si surpris que nous avons mis du temps à mesurer le bonheur qui nous était donné ce matin.

A midi, lorsque nous avons repris nos enfants à l'école, Aude était épuisée, mais heureuse.

A peine arrivée à la maison, elle s'est étendue sur son lit et s'est endormie. Dire que j'ai cru un instant que j'aurais mieux fait de rester au lit ce matin.

 

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng

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