Prends la route mais laisse-toi
façonner par le chemin,
car c'est le chemin qui fait l'homme
Ce matin, Vieng s'est entretenue avec le neurochirurgien
qui a opéré Aude lundi. Celui-ci écarte
d'emblée l'hypothèse d'une inflammation liée
à la pause du drain (qui devrait se constater au niveau
de la plaie externe, ce qui n'est pas le cas). Il pense donc
que Aude fait une réaction d'un autre type et propose
entre autre une nouvelle hypothèse pour expliquer les
vomissements de Aude et ses maux de tête, hypothèse
moins dramatique que celle des oncologues. Il est en effet possible,
selon lui, que comme le drain de Aude n'avait jamais fonctionné
à 100% depuis 2 ans, le cerveau de Aude s'était
accoutumé à une certaine dilatation des ventricules.
La pose du drain lundi donne de tellement bons résultats
que le volume des ventricules apparaîssait tout à
fait normal hier sur les clichés pris par le scanner,
plus compact qu'il ne l'avait jamais été depuis
longtemps. Le médecin imagine qu'il est possible que l'hypotension
qui fait suite à cette rétraction du cerveau soit
à l'origine d'une nouvelle irritation des méninges,
qui durera jusqu'à ce que le cerveau s'adapte à
son nouveau volume et son nouveau contexte hydrocéphale.
Entretemps, Aude pourrait avoir des nausées, des vomissements,
des maux de tête et un état fébril du type
de celui qu'elle présente en ce moment.
Concrêtement, le neurochirgien propose
que lundi, on vérifie le niveau de CRP chez Aude pour
suivre la courbe de ce paramètre sanguin lié à
la réaction immunitaire et que mardi, on procède
à l'enlèvement des fils au niveau de l'incision
chirurgicale.
Aude a ensuite été heureuse
de parler longtemps au téléphone avec ses frères,
avant que je ne parte conduire Xavier et Antoine chez un de mes
frères près de Charleroi, où ils passeront
le week-end.
Remaqruez sur la première photo proposée
la pose très asiatique de Cyrille, assis tailleur sur
le rehausseur dans la voiture, pose qu'il a adoptée de
sa maman !
Je suis ensuite filé jusque l'hôpital
Erasme avec Cyrille, où nous avons retrouvé Aude
et Vieng. Cela faisait depuis lundi que Cyrille, Vieng et Aude
ne s'étaient plus vus.
Aude a accueilli son frère d'un sourire
angélique. Celui-ci l'a récompensé d'un
énorme bisou sur la joue, si calin que Aude en a oublié
sa souffrance pour tout l'après-midi.

En plus de Cyrille, Aude a également
eu la surprise de voir arriver dans sa chambre Caroline, son
institutrice cette année, Bénédicte, qui
garde souvent nos enfants, et Maelle, sa meilleure amie en classe.
Cela a bien sûr ajouté à sa joie et à
sa vivacité.
Cyrille, qui avait le nez qui coulait depuis
ce matin, a alors commencé à donner des signes
de fièvre : il avait 38°C. Vieng lui a aussitôt
administré un supositoire.
Aude a passé plus d'une bonne heure
à jouer et dessiner avec son amie, pendant que Vieng et
nos hôtes se retiraient pour discuter de choses et d'autres.
Pour que je puisse rester avec Aude et Vieng,
Bénédicte a très gentillement proposé
de reprendre Cyrille chez elle jusqu'au soir.
Au moment du départ du petit groupe,
Aude commençait à donner des signes de fatigue,
mais n'avait heureusement toujours pas vomi en ma présence
ni ne s'était plainte de maux de tête, de sorte
qu'on ne lui avait plus administré de Prodafalgan l'après-midi.
Vers 17h00, après s'être reposée
une heure environ, elle a marché jusqu'au bout du couloir
pour aller prendre une douche. Aude a ensuite reçu son
souper, auquel, une fois encore, elle n'a pas touché.
Vers 17h30, elle a reçu son deuxième
comprimé de Temodal dilué dans de la grenadine.
Vers 20h00, avant de rentrer et de récupérer
Cyrille, j'ai eu un mot avec Aude, insistant sur l'importance
qu'elle essaie de s'alimenter. Elle a pris un quart de galette
d'épeautre, puis comme j'insistais, une demi-tartine de
pain d'épeautre et... a tout vomi, à notre grand
désarroi.
J'en voulais un peu à Aude, parce que
je pensais qu'elle avait provoqué ce vomissement, mais
elle m'assure qu'elle a eu mal à la tête au moment
de vomir et n'a pu se contrôler. Que penser, que faire,
que dire ?
Je suis désemparé par son manque
d'appétit et son amaigrissement à vue d'oeil. Va-t-il
falloir en arriver à la gaver ?
Aude m'a aussi avoué durant l'après-midi
qu'elle avait peur de mal dormir encore cette nuit, comme la
nuit précédente. L'infirmière de garde a
déclaré qu'en cas de maux de tête, elle recevrait
progressivement du Prodafalgan, du Voltarène (un médicament
équivalent au Malafène et si, vraiment, cela était
nécessaire, des substances à base de morphine.
Espérons qu'elle pourra passer une
bonne nuit, car demain, nous savons que l'étage sera à
nouveau rempli et que Aude devra partager sa chambre avec un
autre enfant.
Quant à moi, je vais bien sûr
veillé sur Cyrille et suivre l'évolution de sa
température; comme Vieng et Aude l'attendent de moi.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng