Prends la route mais laisse-toi
façonner par le chemin,
car c'est le chemin qui fait l'homme
Je suis rentré de l'hôpital,
heureusement accompagné d'un ami de longue date. Les nouvelles
que je vous en rapporte sont moins réjouissantes que je
ne l'espérais.
Aude n'a finalement quité l'Unité
de Soins Intensifs qu'en fin d'après-midi, juste avant
mon arrivée à l'hôpital.
Du côté des points positifs,
je retiendrai que Aude ne vomit plus et ne se plaint plus de
maux de têtes. C'est bien sûr un point très
important. Cela montre que le remplacement hier de la partie
proximale du drain était bien une des causes de l'hydrocéphalie
dont Aude a été victime. Je parle bien d'hydrocéphalie,
puisque Vieng m'a fait remarqué que j'avais parlé
de "risque d'hydrocéphalie" et non d'hydrocéphalie"
dans un précédent mail, ce qui était une
erreur de ma part, compte tenu des faits. Cela n'élimine
toutefois pas la présence de masses visibles sur les clichés
IRM et donc l'importance de commencer au plus vite un traitement
chimiothérapeutique à base de Témodal. A
ce propos, un message reçu dans l'après-midi m'a
indiqué que le docteur S. passerait lui-même déposer
des cachets à l'hôpital Erasme demain. Un pédiatre
qui en a parlé à Vieng n'a pas été
très délicate pour lui expliquer qu'on utilisait
ces médicaments pour améliorer le confort des patients
en fin de vie. Le moment et la manière était vraiment
inaproprié pour aborder ce sujet. D'autant que nous continueront
à nous battre et que nous savons ce que valent les statistiques.
Autre nouvelle moins agréable, Aude
n'a pas du tout retrouvé cet après-midi ou ce soir
la moindre tonicité. Elle a à peine demandé
devant moi pour aller à la toilette une fois dans l'après-midi.
Nous l'y avons guidé, Vieng et moi, en la soutenant dans
sa marche qui était très hésitante. C'est
quasi les seuls mouvements que je l'ai vu faire de l'après-midi.
Sans doute est-ce trop demander, 24 heures après l'opération,
mais j'espérais que Aude s'adresserait à moi, tournerait
un peu les yeux vers moi, me sourierait, me parlerait, me taquinerait
un peu. Il n'en a rien été. Aude était là,
alitée, très faible, parlant le moins possible,
d'une voix à peine perceptible, les yeux vides, dont on
se demande s'ils nous voient vraiment. Un peu comme un état
gripal, sans le virus : Aude était sans force, sans volonté,
sans vie.
Dans la soirée, Aude s'est plainte
d'avoir froid. Vérification faite, elle avait 38°3C
de température un peu après ! Elle a donc été
mise aussitôt sous Prodafalgan via sa perfusion, ce qui,
selon, l'infirmière, serait normal après un passage
en salle de chirurgie. Une heure plus tard, lorsque j'ai repris
le chemin de la maison, la fièvre n'avait pas monté,
mais n'avait pas chuté non plus.
Cela augure encore d'une nuit pénible
pour Aude et pour Vieng, qui seront heureusement seuls dans la
chambre cette nuit. J'essaierai d'aller le plus tôt possible
demain matin leur apporter mon réconfort. A l'attention
de nos amis qui souhaiteraient nous téléphoner,
voici le numéro d'accès direct à la chambre
: 02 555 72 36.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng