Vieng s'inquiète de tous les signes
de faiblesse ou de fatigue de Aude. A plusieurs reprises depuis
ce matin, elle est venue me dire : "ca y est, Aude commence
à tousser, il va falloir aller à l'hôpital".
Nous devinons évidemment que ses capacités immunitaires
sont maintenant nulles si leur courbe a continué à
décroître depuis hier (souvenez-vous, les neutrophiles
n'étaient déjà plus que de 167 par mm3 !)
et que si elle attrape le virus qui nous mine, il ne faudra pas
longtemps pour que sa courbe de température monte en flèche
et nous amène à prendre la direction de l'HUDERF.
Le thermomètre continue heureusement
jusqu'ici à démentir les appréhensions de
mon épouse. Aude n'a pas encore succombé aux virus
qui nous accaparent, alors que je suis moi-mêmes particulièrement
affaibli aujourd'hui.
Je vous laisse imaginer le stress qui règne
ici. Depuis ce matin, Vieng met toute son énergie à
veiller à ce que l'hygiène la plus stricte soit
respectée ici et à ce que Aude ne s'approche pas
de trop près ni de moi, ni de Xavier, ni d'elle-même.
Je suis donc invité à rester en semi-quarantaine
dans mon bureau. Il n'est bien sûr pas question que je
m'approche de Aude, qui est, elle, invitée à rester
le plus possible dans sa chambre, dont la porte est face au salon
où joue Xavie depuis qu'il est rentré de l'école.
Antoine n'est pas encore contaminé, il peut donc jouer
avec sa soeur, mais doit éviter son frère aîné.
Quant à. Cyrille, qui avait refusé d'aller coucher
tôt hier soir et s'était promené hors de
son lit jusqu'au delà de 23 heures, il s'est effondré
sur son lit dans sa chambre un peu après être rentré
de l'école. Au moins, il ne faut pas le surveiller, mais
c'est bien sûr une bombe à retardement s'il se réveille
avant demain matin et commence à faire la java de son
côté alors que tout le monde dort ou souhaite le
faire !
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng