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JANVIER 2004

Lundi 5 janvier 2004

La huitième cure de chimiothérapie a commencé

 

Comme annoncé, Aude a repris ce matin le chemin de l'hôpital où nous sommes arrivés durant le temps de midi.

Des premiers examens, je retiendrai que Aude ne pèse plus que 18kg 500. Comme je le craignais, elle a donc encore perdu un peu de poids au cours des 3 derniers mois, environ 300 grammes, soit 5 grammes par jour en moyenne. Vieng pense toutefois que cette perte de poids s'est principalement faite durant la dernière semaine, au cours de laquelle Aude a très peu mangé.

Le docteur S., qui est passé peu après la mise en place de la perfusion de Aude et donc avant mon départ a confirmé que cette huitième cure de carbo-platine, la cinquième de 3 jours après 3 autres cures de 5 jours, était un cas unique dans les annales de la médecine à sa connaissance et que Aude défiait par là toutes les statistiques dont il disposait. Les seules cas d'administration de carbo-platine de longue dure dont il pouvait faire référence l'avaient été par voie orale en petite dose, dans des contextes médicaux très différents de celui de Aude.

Le plus grand flou règne donc dans son esprit sur la suite à donner au traitement, puisque Aude semble bien répondre au traitement et qu'hormis quelques traces cicatricielles à l'interprétation incertaine sur les derniers clichés d'IRM, tout l'amenait à penser que la maladie de Aude était sous contrôle. Il m'avoue qu'il ne dispose d'aucune documentation, d'aucune étude portant sur l'usage à long terme de ces drogues et ses conséquences, puisque jusqu'à présent, tous les cas qu'il connaissait relevaient d'un contexte "paliatif" dans le cadre duquel la maladie n'avait pû être contrôlée par l'administration de ces drogues.

Il note que Aude a vomi 2 fois au cours de ces dernières semaines, mais pense que cela est insignifiant eu égard à la récidive incontrôlée qui aurait pu se produire au cours de ces 8 semaines et dont les symptômes auraient été nettement plus évidents si elle avait eu lieu.

Il suggère donc de s'en tenir à ce qui est prévu pour le moment, c'est-à-dire à administrer à Aude les mêmes drogues que précédemment durant 3 jours, puis à faire une résonnance magnétique "quand nous le souhaiterions". Vieng propose d'attendre que Aude sorte d'aplasie, de façon à éviter de lui administrer des produits de contraste lorsque ses défenses sont au plus faible. Elle mesure mieux que moi évidemment combien un risque infectieux est toujours présent lors de telles administrations.

On retiendra donc qu'une IRM devrait être programmée d'ici 4 à 5 semaines. Une ? Sur ce plan plane une doute. Il n'est pas impossible que les "responsables de ce service" s'opposent à ce qu'on regroupe les clichés et impose au contraire qu'on les répartisse en 3 séances distinctes "cerveau-cou-moëlle épinière", tout cela pour des raisons de remboursement et de financement des actes dans les hôpitaux. J'aurai sûrement l'occasion d'en reparler.

Une fois en possession de ces clichés et des conclusions des spécialistes de l'HUDERF à leur propos, le docteur S. propose de demander l'avis de ses collègues de l'I.G.R. sur la manière dont eux envisageraient la suite du traitement ? Poursuite d'un traitement au carbo-platine VP16 ? Recours à des nouveaux médicaments ? Reprise du projet de chimiothérapie haute-dose qui avait été annulé en juillet ? Ou tout simplement, interruption pur et simple des traitements dans l'espoir qu'il n'y aura pas de récidive ?

Reste à nous abandonner avec confiance au Conducteur de notre Destin, malgré toutes les difficultés du moment.

 

 

Je suis ensuite rentré à la maison, où j'ai pû travaillé 1 heure avant de reprendre les garçons à l'école. Par téléphone, Vieng m'a confirmé que l'après-midi s'était passée normalement et que Aude avait dormi une partie de l'après-midi, après l'administration de la première dose.

Elle n'avait mangé que 5 cuillères de soupe, quelques chataignes emportées de la maison et une mousse au chocolat pour son souper.

 

Dans l'Espérance,

 

 

Philippe et Vieng

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