20 décembre 2003
Notre championne en exhibition à Foret National
Le temps m'a manqué pour vous tenir informés des derniers événements qui ont marqué cette semaine.
Mercredi 17 décembre
Aude a fait la grasse matinée, mais a insisté dès son lever pour aller à l'école. Finalement, nous avons cédé et lui avons permis de retrouver ses copains et copines, malgré notre légère appréhension des virus qui pouvaient règner en classe.
Comme la plupart des élèves, l'institutrice de Aude avait repris son poste. Elle était désolée, car l'heure qui restait devait être consacrée à la copie d'un texte. Mais Aude, bien au contraire, a accueuilli cet exercice avec la joie de montrer qu'elle pouvait reprendre une vie quasi normale.
Il y avait tant de jours qu'elle n'avait plus vomi et qu'elle attendait de pouvoir reprendre le chemin de l'évole !
Si vous saviez !
Jeudi 18 décembre
Aude est retournée à l'école la matinée, après l'heure de la récréation, sommeil oblige.
Pas question d'y retourner l'après-midi par contre : c'est que notre championne devait se produire à Foret National, la principale salle de concert de Belgique. Voilà encore que je radotte et que je me divertis ? Comment ? Vous ne lisez pas la presse ? Vous ne regardez pas les journaux télévisés ? Vous ne l'avez pas reconnue ? Vous ne voyez pas exploser une fois encore mon orgueil et ma vanité de père ? Evidemment, quand je parle de championne, je fais allusion à la seule digne de ce titre que tous les Belges admirent et que le monde entier nous envie en cette fin d'année 2003, la "numéro un" mondiale du tennis féminin, mesdames et messieurs, Madame Justine Henin-Hardenne !
Après quinze jours de vacances sous le soleil de Bora Bora, quinze jours d'entraînement en Floride et avant de repartir en Australie pour de nouveaux match, elle rentrait au pays pour une semaine, le temps de participer entre autres à un match exhibition contre Yannick Noah à l'occasion de la "Proximus Diamond Tennis Night". Pas un vrai match, mais une fête donnée en hommage à notre grande championne et organisée par ses sponsors. Justine Henin a présenté à cette occasion à la presse la fondation qu'elle venait de créer : "Les vingt Coeurs de Justine (jeu de mot intraduisible et convertis officiellement en anglais par "Justine's Winners'Circle", en néerlandais, "De Winnaars van Justine).

But de cette fondation : venir en aide aux enfants malades en leur offrant quelques instants de bonheur. "L'idée me trottait dans la tête depuis plusieurs mois, explique la Namuroise dans la presse. En fait, après Roland Garros. Quand j'ai eu l'impression que ma carrière prenait une autre dimension. J'ai remporté deux Grand Chelem et suis n°1 mondiale, mais il y a des choses autrement primordiales à côté de cela La réflexion a longtemps mûri, mon souhait était clair : insuffler du courage et de l'espoir aux enfants atteints du cancer, leur donner la force de croire en la réalisation de leurs rêves". "Je veux m'investir. Le temps, c'est la moindre des choses que l'on peut accorder à ces enfants. Je leur en consacrerai un maximum en marge des tournois. Nous avons prévu six opérations spéciales en 2004; la première lors de l'Open d'Australie
Je vis à 100%, je voudrais que ces enfants aient la même chance. Je sais ce qui est important. Je gagne, c'est vrai, et c'est pour moi un aboutissement. Mais ce n'est pas tout dans une vie. Pour moi, l'aspect humain est bien plus fondamental. La vie m'a appris que nous ne contrôlons pas notre destin. Cependant, la persévérance et le travail nous permettent d'orienter notre avenir vers de brillantes destinations. Je suis touchée par l'opportunité qui m'est offerte d'insuffler le courage et l'espoir aux enfants atteints de cancer, de leur donner la force de croire en la réalisation de leur rêve, de leur montrer que le rire aide parfois à vaincre les montagnes. Bien que toutes les victoires soient importantes, la plus belle de toutes consiste sans aucun doute en un sourire d'enfant." Une vraie championne, "notre" Justine !
Et elle avait tenu à rencontrer dès ce jeudi une trentaine d'enfants souffrant du cancer de l'hôpital Reine-Fabiola, avec l'aide de l'association Jour après Jour, très bien soutenue ces derniers temps ! Notre championne, et cette fois je parle bien de "notre" Aude chérie, était au nombre des heureux élus. Vous imaginez donc que l'effervescence était à son comble à la maison ce jeudi début d'après-midi !
Vers 15h00, j'ai déposé Aude devant l'entrée de l'hôpital Reine Fabiola, où un car est venu chercher les enfants pour les conduire jusque Forêt National. Car nous, parents, ne pouvions pas assiter à l'événement, faute de badge et sécurité oblige (seul quelques parents ont pû assister à cette après-midi) !
C'est donc via Aude et la presse que je peux vous relater cette fabuleuse après-midi. Les enfants ont pu assister sur place à un match de tennis, avant de pouvoir rencontrer Justine en personne.
Ainsi, dans la Dernnière Heure du vendredi
19 décembre 2003, page 4 : "Assis en demi-cercle sur le terrain de tennis synthétique
aménagé dans l'enceinte de Foret National, ils scandent
le prénom de leur idole. Les sourires éclairent
les visages, lest mains battent la cadence. Ouuuuii !
C'est elle. Revêtue d'un tee-shirt blanc, frappé
à l'effigie de la fondation qu'elle vient de créer
- les Vingt Coeurs de Justine - le numéro un mondial fait
son entrée sur le court. Rayonnante. Elle s'approche des
mômes, veut connaître le prénom de chacun
Première photo de groupe, avant d'échanger quelques balles avec la championne. Les mômes, malgré la maladie, ont trouvé les ressources pour affonter la meilleure joueuse de la planète.
L'important, aujourd'hui, c'est de s'amuser, d'oublier les épreuves, la douleur, le cruel combat contre le cancer.
Les petits ouvrent le bal, pendant que les plus grands s'échauffent, à l'autre coin de la salle.
Aude, (ndlr : mais oui, "notre championne"), a du mal à garder l'équilibre. Le coeur de son papa bat la chamade. "Je suis fier de ma fille. Quelle victoire sur le destin, quand je la vois tenir une raquette dans la main. Un souvenir inoubliable pour nous tous. Chapeau et merci, Justine". (J.M., dans la Dernière Heure).
Là, je me pose une question : aurais-je le don de me dédoubler sans le savoir ? Car à ma connaissance, j'étais malheureusement à la maison à ce moment-là, même si mon coeur et mon esprit devait bien être au bord de la piste et si les propos qui me sont attribués par le journaliste sont ceux qui habitaient mon coeur avant la rencontre et l'émotion, celle qui m'a emporté lorsque j'ai vu l'extrait via les images diffusées par RTL sur le site Web de la chaîne télé (journal télévisé de ce jeudi 18 décembre 2003 à 19 heures) ! Imaginez Aude tenant une raquette et frappant la balle ! "Tu est la meilleure", lui a dit Justine, nous a rapporté Aude. Quelle émotion pour nous lorsqu'on se souvient de toutes les épreuves que nous avons dû affronter au cours de ces 3 dernières années.
Plus loin, dans le même article : Aude, la casquette vissée sur un bandana - elle a perdu ses cheveux lors d'une chimiothérapie - demande à Justine de pouvoir jouer encore un peu. Pas de problème. "Il faut être très optimiste", lui glisse la tenniswoman. "Tu peux gagner". Un beau message d'espoir.
Justine affrontait le soir Yannick Noah, la star française du tennis. Il a tenu, lui aussi, à partager ces moments privilégiés avec les enfants.
17h15. La séance est terminée, au grand regret de tous. Yannick et Justine se font photographier avec chaque enfant, avant de leur offrir un livre dédicacé (ndlr : le livre Belle de Match, un hommage sur papier glacé à nos championnes de Tennis 2003)), une casquette et un tee-shirt.

Mais le plus beau des cadeaux, il est dans leur tête et dans leur coeur. Aux uns et aux autres.
Justine, s'exprimant plus loin à propos de sa fondation, toujours via la plume de J.M. dans le quotidien La Dernière Heure ce 19 décembre : "Voyez aujourd'hui : j'ai passé des moments intenses avec ces enfants souffrant du cancer. Ce furent des instants de bonheur autant pour eux que pour moi. J'ai envie de poursuivre dans cette voie, d'aller dans les hôpitaux, d'organiser des événements pour adoucir -tant que faire ce peut- l'existence de ces mômes."
La fête était loin, très loin d'être terminée !
Tous les enfants étaient ensuite conviés à goûter par Justine -Aude nous a rapporté que le gâteau était délicieux- avant d'assister en V.I.P. au match d'exhibition du soir, assis sur des chaises placées au bord de la piste elle-même ! Spectacle auquel nous avons nous-mêmes été invités à assister en famille depuis le haut des tribunes de Foret National, au milieu des presque 7000 spectateurs présents ! Il fallait entendre Cyrille crier "Allez Juju" ! Cela fait si longtemps qu'il était un de ses supporters via la télévision et voilà qu'il voyait sa championne en vrai !
Il était passé minuit quand j'ai pu rejoindre Aude "après un dernier bisou à Justine".
Aude, en super forme, nous a raconté son après-midi et a chanté tout le long du voyage du retour, fier de constater qu'elle avait tenu le coup au-delà de minuit et déclarant "qu'elle attendait avec impatience la soirée de nouvel-an pour répéter cet exploit".
Vendredi 19 décembre
Petite fausse note le matin à son lever, vers 9h30 : Aude a vomi ! Fatigue, maladie, écart au régime hildegardien ? Il nous faudra un peu de recul pour être rassuré sur ce point. Toujours est-il que Aude n'a pas été à l'école de la matinée, mais a insisté pour aller montrer "sa photo avec Justine", son tee-shirt et sa casquette à ses camarades de classe l'après-midi.
Quant à nous, au fur et à mesure de la journée, nous avons appris via l'un et l'autre d'entre vous que notre championne figurait un peu partout dans la presse, et même en première page de l'édition "Sport" des quotidiens du groupe Sud Presse (La Meuse-La Lanterne, La Capitale, etc). Pardonnez nous notre élan d'orgueil et de vanité !
Ainsi, dans la Dernière Heure les Sports (le journal complet est accessible au format PDF via le site pdfonline) :
En bien d'autres endroits, cette photo ou une variante avec et sans raquette, de "nos" championnes.


Chapeau et merci Justine !
Chapeau et merci Aude !
Chapeau et merci la Vie !
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng