8 décembre 2003
Fête de l'Immaculée Conception
Il y a 6 mois, vous ne l'avez sûrement pas oubliés, nous étions en plein cauchemar, rejetés par les médecins, désespérés de ne pas avoir la moindre proposition de traitement, la moindre chance de sauver la vie de notre fille. Jamais nous n'aurions pensé que Aude aurait survécu aussi longtemps au destin fatal que nous décrivaient les médecins et encore moins qu'elle serait en apparente en bonne forme en ce début décembre, malgré une multitude de cures de chimiothérapies, défiant toutes les statistiques médicales applicable à son cas.
La seule certitude qui nous restait, et encore, le doute s'emparaît de nous, il faut l'avouer, était que Dieu nous aimait et nous nous étions jetés, éperdus, sur les routes de France pour aller chercher un peu de réconfort dans les bras de notre Mère à Lourdes.
Il est trop tôt, beaucoup trop tôt, pour parler de guérison. Aucun moyen médical ne permet en effet de démontrer que la tumeur est complètement disparue et le seul terme qui convienne d'employer officiellement est "rémission sur image". Mais qu'importe de se soucier pour l'avenir, la Providence sait certainement ce qui est le mieux pour chacun de nous.
En ce 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception, je souhaite rendre grâce à notre Mère de nous avoir permis de célébrer sa fête en présence de nos 4 enfants.
Car que ses amis se rassurent, si Aude n'était pas à l'école aujourd'hui, ce n'est pas qu'elle soit malade, mais au contraire, que nous avons un peu craint de la mettre en contact avec tous les virus qui circulent en ce moment dans sa classe.
Aude est en si bonne forme que vendredi, veille de Saint Nicolas, nous avons accepté l'invitation que l'asbl Jour après Jour lui avait lancé de participer à une soirée de gala organisée sous le chapiteau du cirque Bouglione, planté dans le parc de Laeken quasi sous l'atomium. Nous avons veillé à y emmener également nos 3 garçons pour une soirée de cirque mémorable en famille. Lion, tigre, panthère, léopard, éléphant, clown, trapéziste, funambules, sans oublier la venue du Grand Saint et la distribution de cadeaux : nous en avons eu plein les yeux avant de passer une bonne nuit.
Le réveil fut matinal pour Aude seul, qui se précipita dans le salon et déballa son cadeau avec son papa, bien obligé de ne pas faire la marmotte ce samedi. Toute la matinée fut consacrée au montage de l'ensemble de mobilier pour les poupées de Aude et à la mise en place du panier de basquet que Saint Nicolas avait apporté aux garçons. Et quel ne fut pas notre bonheur de voir nos quatre enfants, Aude y compris, se relayer pour envoyer les petites balles dans le filet. A chaque envoi de Aude, je ne pouvais m'empêcher de me remémorer le 25 décembre 2000, quant le docteur S. de l'U.C.L. avait offert une simple petite balle magique rouge à Aude et qu'elle avait toutes les peines du monde à la prendre entre ses doigts et à la jeter, tenant à peine assise sur son lit, les yeux flous et la bouche incapable de sortir le moindre son. Et aujourd'hui, malgré le combat toujours en cours, Aude s'époumonait, toute fière de remporter les séries de points contre ses frères autour d'un panier de basquet : quel parcours !
Dimanche, la forme était toujours bien là pour nous rendre tous les six jusqu'en Gaume, où mes parents avaient également placé des assiettes à l'attention de leurs petits-enfants et où ils furent à nouveau gâtés.
Mais je reviens à ce 8 décembre. Je m'en vourais de conclure trop vite ce message sans y inclure un témoignage personnel à l'attention plus particulière de cet ami de Aude, si proche de Dieu, mais qui ne partage pas la proclamation par l'Eglise Catholique de Marie Immaculée Conception.
Je ne suis pas théologien, je ne dispose pas même d'un quelconque titre en matière de formation religieuse. Et pourtant, dans l'humilité de notre foi, je dois admettre que Marie nous a souvent ouvert les bras pour accueillir notre détresse. Et je pense en particulier à 3 saints qui ont également jalonné notre route depuis mars, 3 colonnes qui ont porté notre souffrance et qui, en leur temps, avaient chacun à sa manière partagé leur foi dans ce dogme de l'Immaculée Conception que l'on fête aujourd'hui. Alors permettez-moi, à titre d'hommage à l'Immaculée Conception, de rappeler très brièvement le témoignage de leur vie.
Il a bien sûr d'abord Catherine Labouré, à qui la Sainte Vierge a annoncé que "Dieu voulait la charger d'une mission" le 18 juillet 1830, rue du Bac à Paris.
Misson qu'elle lui dévoilera le 30 novembre de la même année et dont une des composantes est la diffusion d'une médaille dont l'Apparition montre le modèle à Catherine : « Faites frapper une médaille sur ce modèle,les personnes qui la porteront avec confiance jouiront d'une protection toute spéciale de la Mère de Dieu. » Sur celle-ci, de nombreux symboles dévoilant une part du mystère de notre Mère du ciel. Parmi ceux-ci, un coeur transpersé d'un glaive, nous rappelant que Marie a partagé la souffrance de son fils jusqu'à la mort sur la Croix. Et au delà des symboles, dont l'interprétation peut porter à discussion, une inscription, dévoilant en toutes lettres son message : "0 Marie conçue sans péché,priez pour nous qui avons recours à vous". Marie révèle non seulement un des titres qu'elle affectionne, mais demande sa diffusion et promet des grâces à ceux qui lui feront confiance.
Il y a ensuite Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d'Ars. On connaît son amour pour la Sainte Vierge :
La sainte Vierge nous a engendrés deux fois :
dans l'Incarnation et au pied de la croix.
Elle est donc deux fois notre mère...
Le coeur de cette Mère n'est qu'Amour et Miséricorde., Elle ne désire que nous voir heureux
Dès le 1er mai 1936, soit 18 ans avant que Rome ne proclame le dogme de l'Immaculée Conception en 1954, il prit sur lui de consacrer sa paroisse à Marie Conçue sans Péché et fit placer une extraordinaire statue de Marie dans une chapelle de sa minuscule église : "Rien n'est trop beau pour le bon Dieu"? Il plaça dans le coeur de celle-ci un ruban sur lequel est inscrit le nom de tous ses paroissiens. Et l'année où le dogme fut reconnut par Rome, Jean-Marie Vianney eut l'idée de "faire un bel ornement à la sainte Vierge" dont il a confié la réalisation à un architecte !
Enfin 4 ans après la proclamation du dogme à Rome, il y a Bernadette Soubirou, à qui Marie confirma à Lourdes le 25 mars 1858 qu'elle se reconnaissait dans ce titre et déclara en guise d'identité :

Visionaires infernaux ? Manipulations diaboliques ? Comment le penser, quant on sait que chacune de ces 3 personnes a été reconnue pour sa sainteté :
· Jean-Marie Vianney, canonisé le 31 mai 1925 par Pie XI
· Bernadette Soubirou, canonisée le 8 décembre 1933 par le même Pie XI
· Catherine Labouré, canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII
Et comme si Marie avait voulu souligner sa pureté par un signe charnel accordé à chacun de ces 3 témoins de sa conception immaculée, tous trois ont bénéficié d'une grâce surnaturelle : l'incorruptibilité de leur corps, retrouvé intact après leur mort.
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Décédée le 16 avril 1879, le corps de Bernadette Soubirou a été exhumé en septembre 1909, en avril 1919, puis en avril 1925. Intact, il est conservé depuis le 3 août 1925 dans une châsse située dans la chapelle de l'ancien Couvent Saint-Gildard de Nevers appelé maintenant Espace Bernadette Soubirous-Nevers.
Jean-Marie Vianney est décédé le 4 août 1859, après s'être livré jusqu'au bout de l'Amour, son corps a été retrouvé intact et placé dans une chasse de verre dans la basilique d'Ars.
Catherine Labouré est décédée le 31 décembre 1876. Son cercueil a été exhumé en 1933. On y a retrouvé son corps intact. Il repose aujourd'hui dans une châsse dans la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse au 140 rue du Bac, à Paris.
Les mystiques seraient-ils dotés de pouvoirs paranormaux qui n'ont rien à voir avec la grâce divine? Chacun est bien sûr libre d'interprêter comme il veut ces phénomènes. L'incorruptibilité du corps n'est plus une preuve de sainteté aux yeux de l'Eglise. Les vertus des individus durant leur vie seule est primordiale. Mais ce phénomène n'interpelle-t-il pas particulièrement quand il touche 3 personnes ayant particulièrement oeuvré pour Dieu et soutenu une même cause ?
Quoi qu'il en soit, c'est en compagnie de l'Immaculée Conception que nous renvoie sans cesse ceux qui nous guident sur notre route de la Souffrance vers l'Ineffable. Marie a partagé bien des souffrances, dès les premiers jours de sa grossesse, alors que son promis n'a-t-il pas failli la répudier en secret, alors qu'elle attendait un Fils ? Et elle a accompagné son Fils jusqu'à la Croix, alors que tous l'avaient abandonné.
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné!". Marie était-elle vraiment la seule à soutenir son Fils à ce moment précis ? Que non ! Ce cri de Jésus lors de son agone, sous l'apparence du desespoir, cache en vérité un formidable hymne à la Louange et à l'Espérance, le Psaume 22 !
Et je rends grâce à Marie de nous avoir accompagné sur notre si curieux chemin au cours de 6 derniers mois, je rends grâce à Dieu d'avoir gardé Aude en vie durant toute cette période, de vous avoir tous mis sur notre route et de nous avoir permis de méditer ce formidable acte d'Espérance et de Confiance de Jésus face à la Souffrance suprême, acte que j'imagine aujourd'hui Marie avoir psalmodié même au pied de la Croix, dans la parfaite fidélité au "Oui" qu'elle déclara lors de l'Annonce de l'Ange Gabriel.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng