25 novembre 2003
De l'épreuve à l'Espérance
Je bénirai le Seigneur
en tout temps,
Sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
Que les pauvres m'entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur;
Exaltons tous ensemble son nom.
Faut-il que je sois vraiment devenu insensé pour vous proposer ces versets du Psaume 34(33) au lieu de vous parler avec retenue et discrétion de l'évolution de la santé de notre fille ?
J'espère votre indulgence, une fois encore. Comment pourrais-je me taire alors que le sort semble s'acharner sur nous et me pousse à partager avec vous cette part très intime de notre chemin spirituel ?
Dimanche soir, Aude a fait une légère
réaction de type allergique après la transfusion
de plaquettes, marquée par des petits boutons rouges au
niveau du ventre. La dose de médicaments qui lui avait
été administrée a été aussitôt
doublée, ce qui a heureusement fait disparaître les
boutons.
Après une heure d'observation, tout était rentré
dans l'ordre. Aude et Vieng sont arrivés à la maison
vers 23h30.
Lundi matin, toutefois, le sort a recommencé à s'acharner contre nous. D'abord, ce fut mon G.S.M. qui a commencé à dysfonctionner. Puis ce sont des problèmes de plomberie à la salle de bain qui ont fait éclaté Aude de rire.
Vieng était persuadée que ce n'était qu'un détail et quelque chose de plus sérieux allait encore nous arriver pendant la journée. Et elle n'avait pas tord, comme vous allez voir.
Elle avait promis à Xavier et Antoine d'aller les chercher à l'école pour le dîner. Avant de les reprendre, elle s'est attardée dans une librairie, au centre de Louvain-la-Neuve. Je vous passe les détails. Il était presque 13h00 quand le téléphone a retenti à la maison : Vieng m'informait qu'elle venait d'emboutir l'arrière d'une voiture qu'elle suivait et qui s'était arrêtée au carrefour qui relie le Bouleverd du Nord et l'Avenue de Lauzelle à Louvain-la-Neuve, soit à quelques centaines de mètres de l'école à peine.
Mais comment a-t-elle pu -etre distraite à ce point et ne pas voir le véhicule qui la précédait ? Personne n'est blessé heureusement, les garçons avaient leur ceinture. Extérieurement, seul le pare-choc de cette voiture est touché. Quant à notre Ford Fiesta, elle a un phare cassé et le coin de l'aile droite juste "un peu" déformé. Finalement, ce n'est donc pas grave, puisque notre voiture présente déjà de tels signes de vieillesse qu'elle doit de toute manière être retirée rapidement de la circulation. Un constat a toufeois été rédigé et dans l'après-midi, le propriétaire de l'auto adverse m'informera qu'après démonté celui-ci, il avait constaté que la carrosserie sous le pare-choc arrière avait été repoussée jusqu'à quelques centimètres du pneu de secours !
Je bénirai le Seigneur
en tout temps,
Sa louange sans cesse à mes lèvres.
N'est-ce pas là l'esprit de l'ouvrage de Merlin Carothers que Vieng venait d'acheter une demi-heure plus tôt à la librairie : même au sein des situations humaines les plus désespérées, bénir, goûter à la joie et à la paix de Dieu délivre au point que la "Joie du Seigneur est notre rempart".
Merlin Carothers ? Cet ancien parachutiste américain, spécialiste en sabotage lors de la seconde guerre mondiale, est devenu pasteur méthodiste après une conversion foudroyante. Il a ensuite fait l'expérience intense du baptême dans l'Esprit pour lui et ses proches, ce qui a marqué à jamais son ministère (Pour ceux que l'anglais ne rebute pas, son couple est au centre du site web de Merlin Carothers )
Il a partagé de cette expérience dans un livre "Prison to Praise", qui est devenu un vrai best-seller international, puisqu'il s'est vendu à près de 20 millions d'exemplaires depuis sa première édition en 1970 et a été traduit dans plusieurs langues, dont le français ("De la Prison à la louange", Edition Foi et Victoire, Le Mont sur Lausanne, 1976).
L'auteur y raconte son expérience, sa rencontre avec Dieu. Le livre se dévore comme un roman et dévoile comment le Seigneur vint toucher ce jeune soldat alors qu'il avait amassé de l'argent illicite au cours de la guerre et comment sa vie en fut transformée. En approfondissant sa foi, il apprit à louer Dieu "en toutes choses", comme le déclarait Saint Paul au premier siècle : "Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition, soyez dans l'action de grâces. C'est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus"1Th 5, 16-18. Dans ce monde où tout tend à nous distraire des questions fondamentales de notre existence, où la mort est présentée comme un jeu de dupes, un malheur, voilà qui donne à réfléchir, à médite lorsqu'on traverse des épreuves aussi lourdes que la maladie de son enfant et le pessimisme des médecins à son égard.
Ce premier ouvrage a été complété par plusieurs autres ouvrages, dont "Puissance de la louange", qui a connu le même succès que le premier. Vieng en avait acquis un exemplaire la semaine dernière et nous l'avions lu chacun à notre tour, convaincus qu'il apportait une pierre importante sur notre chemin de conversion.
Ce second livre fait écho au premier, qu'il complète par de nouvelles applications spirituelles et pratiques, de nouvelles expériences. C'est de l'authentique, du "vécu", mais présenté de telle façon que le lecteur est mis en mesure d'entrer lui aussi dans ce même monde d'expériences miraculeuses.
Sa lecture justifie le passage de Vieng à la librairie pour acquérir le premier volume, explique son retard à l'école, trahit son empressement probable sur la route, éclaire sa distraction au carrefour,
Si je n'avais jamais lu les ouvrages de Merlin Carothers "dans le texte", j'en connaissais par contre l'essentiel via un petit livret d'Alexis-SMETS s.j. et de Pierre et Laurence Gilissen, "Bénissez puisque vous êtes appelés à bénir", édité en 1995 par Editions Fidélité et dont ma maman m'avait confié son exemplaire lorsque la maladie de Aude avait été découverte.
Ce dernier livre fait le lien entre l'expérience de Merlin Carothers et notre foi catholique. Les questions qu'il soulève méritent d'être lues autant que les ouvrages de Merlin Carothers eux-mêmes : quelle est la qualité de la relation de Merlin Carothers avec la personne même de Jésus ? A-t-il déjà fait l'expérience d'une véritable vie de prière, de rencontre aimante du Christ dans la foi ? N'est-il pas capital, pour nous, de vivre aussi près que possible de Jésus, dans une familiarité, une amitié sans ombre ? Quel regard portons-nous sur Jésus de nazareth, fils de Marie, qui a vécu et souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et est ressucité? Autant de questions qui ne sont pas étrangère à notre chemin de conversion au cours des 3 dernières années, à mon intuition de l'Espérance qui nous habite au travers de la maladie de Aude. Puisse chacun d'entre vous partager celle-ci lorsqu'il rencontre le doute et le désespoir
Je bénirai le Seigneur
en tout temps,
Sa louange sans cesse à mes lèvres.
Ce mardi, Aude s'est levée avec un beau sourire et nous a partagé son rêve : elle faisait un mauvais rêve et sa maman l'avait installée dans son lit, laissant la fenêtre grande ouverte. Le soleil était apparu par la fenêtre, en même temps que la lune, il avait des lunettes 'de soleil' et un grand sourire. Il a dit à Aude "Ca va". Aude insiste : ce n'était pas une question, mais une affirmation, c'est pour cela que j'ai rien répondu quand il m'a dit : ça va ! Alors la lune lui a dit : "chuttt".
Un peu nerveux dans mon travail, j'ai fait une fausse manoeuvre et effacé par erreur une partie d'un fichier très important dans mon travail. Des heures perdues, sans sauvegarde. Hum, "no comment".
Je bénirai le Seigneur
en tout temps,
Sa louange sans cesse à mes lèvres.
Pour le reste, Aude était en super forme aujourd'hui. Elle ne vomit plus depuis plusieurs jours et mange un peu mieux ! A moins de signes inquiétants, Vieng la conduira jeudi matin à l'hôpital d'Ottignies pour une prise de sang de contrôle.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng