20 octobre 2003
A propos d'Hildegarde de Bingen
« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. » (Jn 3, 8). Y-t-il meilleure illustration des mystères et surprises qui accompagnent au quotidien notre chemin de croix famililal depuis 6 mois ?
La dernière surprise en date fut de taille pour nous et concerne Hildegarde de Bingen, cette nonne du moyen-âge dont Vieng avait incidemment entendu parler à la télévision et avait entrepris de son propre chef de proposer à Aude un régime adapté sur base de quelques ouvrages commandés à la librairie.
Quelle ne fut pas notre surprise, lors de notre dernière retraite à Lilles, de découvrir qu'une "mini session universitaire" à son propos était organisée dans cete ville ce week-end et que l'animateur en serait, tenez-vous bien, le neurologue Philippe Loron, celui-là même qui nous avait servi de premier relais en France pour entrer en contact avec les membres de la communauté de Soufanieh ! Nous nous le connaissions alors que par l'internémdiaire d'un rapport médical qu'il avait rédigé à propos de Soufanieh et ignorions évidemment alors tout à fait qu'il pratiquait la médecine hildegardienne.
La Providence, qui nous a permis de découvrir Sainte Hildegarde et a mis sur notre route des adeptes de cette thérapie, ne pouvait pas nous abandonner. Faisant fi du déficit immunitaire au coeur duquelle elle se trouve en ce moment, nous avons embarqué notre fille dans cette aventure. Grâce à Dieu, elle semble tenir le coup cette fois-ci, est en super forme en ce moment et ne présente aucun signe de fièvre depuis sa dernière chimiothérapie.
La soirée de vendredi était réservée au corps médical et paramédical et portait sur l'intérêt dans la pratique médicale au quotidien des enseignements d'Hildegarde de Bingen. Les docteurs Loron (neurologue) et Ughetto (homéopathe et nutrithérapeute) y partageaient leurs 10 années d'expériences dans la pratique de la médecine selon Sainte Hildegarde et des nombreuses surprises que celle-ci leur avait réservée. Seule Vieng y a assisté de notre famille, pendant que j'emmenais les 4 enfants jusqu'au port de Dunkerque, histoire de les occuper avant de reprendre mon épouse sur place. La valise de Aude était bien sûr dans le coffre
Samedi, nous avons déposé les garçons chez Bénédicte, l'institutrice de Antoine, nous avons filé à nouveau à Lilles avec Aude. Les docteurs Loron et Ugheto y terminait un exposé sur Hildegarde destiné à un public plus large que la veille. Suivait une eucharistie, puis une séance de questions-réponses entre les médecins et le public et, enfin, un exposé sur le thème : "Comment redécouvrir la relation d'alliance entre l'homme et la nature, oeuvre de Dieu, pour le bien-être de l'homme, sauvé en Jésus-Christ" par le Père Jean-Marc Gendron, prêtre et professeur de philosophie. Tout un programme !
Il est impossible de résumer en quelques
lignes la pensée d'Hildegarde sans la caricaturer. Il faut
lire ses ouvrages ou ceux de ses commentateurs pour mesurer l'étendue
de ses principes. En "très" résumé,
on dira que son art de guérir tient compte de 6 règles
de vies, que cite ainsi Wighard Strehlow, un disciple germanophone
du Dr G. Hertzka, pionner de la redécouverte et spécialiste
de cette thérapie, dans la traduction française
de son ouvrage "Hildegarde de Bingen, Prévention et
guérison des maladies", paru ux Editions Dangles en
2002 :
1° Donner la priorité aux remèdes naturels.
La création contient des subtilités secrêtes
qui ne peuvent être conuees que par révélation.
2° Les remèdes sont indissociables du régime
alimentaire.
3° S'accorder suffisamment de repos et de mouvement pour éviter
le plus possible le stress, facteur de perte d'efficacité.
4° Equilibrer les heures de sommeil et de veille, parce qu'un
tel équilibre est facteur de régénération
pour tout l'organisme
5° Veiller à bien éliminer les humeurs viciées,
sinon elles se déposeront dans le sang et dans les tissus
conjonctifs.
6° S'efforcer de purifier l'âme en transformant les
facteurs entraînant la maladie (les vices) en forces de
guérison (les vertus).
La théologe visionnaire d'Hildegarde et son expérience du cosmos forment un tout indissociable. Pas question de ne traîter que les symptômes d'une maladie. C'est l'être humain, fils de Dieu, qu'il faut soigner corps, âme et esprit.
Où cela nous mène-t-il me demanderez-vous ? Un chapitre dans l'ouvrage de Wighard Strehlow cité ci-dessus est consacré au cancer et rejoint donc notre propos. Pour Hildegarde, le cancer trouve son origine dans un choc profond dont pratiquement tous les cancéreux gardent le souvenir, un conflit existentiel d'une extrême gravité, un drame vécu dans la solitude de l'âme, de l'esprit et du corps. Le cancer ne doit donc pas être traité uniquement sur le plan physiologique, mais également sur le plan de l'âme. Alors que le cancer n'est généralement identifié qu'à son stade final par la médecine allopathique, lorsque les tumeurs ont déjà fait leur travail de destruction aux deux tiers, Hildegarde propose un régime préventif, à base d'épeautre, de fruits et de légumes. C'est selon elle la meilleure protection avant, pendant et après la maladie, contre les métastases. Ce qui est extraordinaire, c'est que de nombreuses études récentes ont confirmé largement les différents avantages de ce régime vieux de 800 ans.
Lorsque le cancer est installé, Hildegarde partage notre Espérance et déclare que l'espoir reste toujours permis, à condition de prendre quelques mesures d'urgences, dont l'adoption d'un régime alimentaire à base d'épeautre, de fruits et de légumes et la stimulation des forces curatives de l'âme. "Quand bien même le sujet est condamné, ce traitement est capable d'adoucir ses derniers instants de vie terrestre et de mieux le préparer au grand saut dans l'éternité. Le sentiment de se trouver sous la garde de Dieu fait généralement disparaître la peur et peut ausi libérer les forces nécessaires pour vaincre la maladie, grâce précisément au rétablissement de l'immunité de l'âme".
Je dois m'interrompre ici. J'espère que les quelques lignes qui précèdent vous auront permis d'approcher un tant soit peu la démarche qui se propose à nous et dans laquelle nous savons maintenant pouvoir être guidé par d'éminents médecins, vivant leur art de guérir conjointement avec leur foi.
Je ne manquerai certainement de revenir sur cette méthode, qui, c'est important de le préciser, ne supprime en rien le traitement prévu par les oncologues, mais le complète dans des sphères où nous nous étonnions justement de n'avoir aucun conseil, comme l'alimentation.
Pour l'instant, je constate que Aude n'a plus vomi depuis quelques jours, ce qui nous rassure évidemment à l'approche de la résonnance magnétique qu'elle subira demain matin.
A ce propos, nous avons en effet pris avec Vieng la décision de n'imposer qu'une seule séance à Aude, quel qu'en soit le prix pour nous.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng