17 octobre 2003
Au milieu des rosiers
Vieng est partie pour l'HUDERF avec Aude vers 7h00 matin ce jeudi, après avoir dormi d'un oeil et veillé de l'autre sur sa fille durant la nuit de peur qu'elle n'aie des hémorragies. 7h00, c'est en effet l'heure à laquelle il faut quitter la maison pour éviter au mieux le traffic matinal vers notre capitale. Quand à moi, je me suis occupé des garçons et les ai conduit à l'école, puis j'ai vaqué à mes affaires. Un important rendez-vous m'attendait en effet ce jeudi après-midi près de Verviers, à plus d'une heure de la maison, et il ne m'était cette fois-ci pas possible d'accompagner mes chéries à l'hôpital.
La citaphérèse de Aude a commencé vers 10H00 seulement. Elle s'est terminé début de l'après-midi. Les résultats de la prise de sang faite juste avant indiquait que le taux de plaquettes avait continué à chuter depuis la veille pour atteindre 12.000, mais que le taux d'hémoglobine avait lui commencé à remonter et atteint 9.5.
Vieng et Aude ont alors pris le chemin du retour. A environ un kilomètre et demi de la maison, Vieng s'est endormie au volant et a foncé tout droit, sans ralentir ni freiner, sur le terre-plein planté d'arbustes et de roses qui orne le centre d'un rond-point au milieu l'avenue de Lauzelle. Elle s'est brusquement réveillée et a freiné à temps pour s'arrêter au milieu des rosiers et ne pas redescendre sur la chaussée de l'autre côté du parterre qui surplombe l'endroit. La jante d'une roue a été déformée et la roue a éclaté dans l'aventure, mais Vieng et Aude, qui avaient bien sûr leur ceinture de sécurité, n'ont pas été blessés. Pas une égratignure, et heureusement pour Aude, en pleine aplasie, pas même un bleu.
Je ne peux imaginer la catastrophe que nous venons d'éviter. Par quel bonheur, par quelles Protections Vieng a-t-elle pu sortir sans heurs de cette aventure, quelles mains ont guidés son véhicule lancé à pleine allure selon le témoin à travers les plots qui rétrécissent la route, éviter tous les poteaux de signalisations qui marquent l'endroit et finir sa course sans toucher ni un arbuste, ni un poteau, ni aucun autre véhicule pour finalement, sans la moindre goutte de sang ou contusion ni pour Vieng, ni pour Aude, s'arrêter à temps au milieu des rosiers ?
Aude a déclaré n'avoir même rien senti, malgré le choc décrit par Vieng, et croyait que la voiture était toujours sur la route lorsqu'un témoin est arrivé les secourir. On peut imaginer l'état de tension dans lequelle Vieng devait être, ne sachant même plus où était la roue de secours du véhicule et s'il était ou non assuré.
Nous sommes très reconnaissant à notre témoin, qui a eu sacrée frayeur a-t-il rapporté à Vieng quand il l'a vue se lancer tout droit devant elle sans ralentir. Cela s'est passé si vite qu'il n'a même pas eu le temps de claxonner pour attirer son attention. Très généreusement, il s'est arrêté pour secourir nos chéries et a pris le volant pour descendre la voiture du piedestal sur lequel Vieng l'avait juchée involontairement. Voyant le pneu éclaté et la jante tordue, il a craint qu'il faille appeler une dépanneuse, mais a essayé de remplacer la roue par lui-même.
Par bonheur, Vieng a donc pu rejoindre l'école toute proche et demander l'aide d'amis pour prendre en charge nos enfants jusqu'à la maison. Elle a ensuite ramené la voiture elle-même jusqu'à la maison, d'où elle m'a téléphoné pour me raconter son aventure, consciente de l'avoir échappé belle.
C'était son premier accident depuis qu'elle a son permis, il y a plus de 10 ans.
Dans l'Espérance et l'action de grâce,
Philippe et Vieng