12 juin 2003
Convalescence et examens au CTAR à Paris
Aude récupère de sa troisième
cure de chimiothérapie.
Dimanche, elle s'est rendu à l'anniversaire d'Augustin.
Fatiguée à son retour, elle s'est ensuite reposée.
Lundi et mardi, les garçons étaient en congé.
Aude a joué avec eux à l'extérieur et s'est
reposée. En accord avec le docteur Sariban, nous avons
annulé la prise de sang mardi. Notre horaire est déjà
si chargé !
En début de soirée, mardi, les enfants ont eu le
plaisir de voir à la télévision l'émission
de Blabla à l'enregistrement de laquelle nous avions été
témoins durant les vacances de Pâques.
Hier, nous avons quitté la Belgique pour nous rendre au
CTAR à Paris.
Dans la voiture, tout le long du trajet, Aude fait des exercices
dans un cahier à l'effigie de Winnie l'Ourson, que Aude
adore. Il s'agit d'un cahier pour des enfants d'un âge un
peu inférieur à celui de Aude, mais où chaque
exercice demande la lecture de consignes assez complexes pour
être réalisé. Le soir, Vieng me montrera comme
Aude a encore progressé sur le plan de la lecture depuis
qu'elle a quitté l'école régulière
en mars. Elle a bien compris toutes les consignes et n'a omis
aucun des exercices proposés. Mieux, elle les a tous réussis,
y compris ceux qui demandaient de la réflexion.
La circulation était très dense sur la capitale
française et, après une petite halte en chemin,
nous sommes finalement arrivés un peu en retard rue de
la Colonie.
Vu le déplacement qui nous était imposé,
nous nous attendions à un examen très approfondi.
En fait, le docteur qui nous a pris en charge nous a fait rentrer
dans un local technique, il a invité Aude à s'asseoir
sur une chaise dans un espèce de caisson octogonal en plexiglas,
il lui a demandé de souffler 2 ou 3 fois dans un tube relié
à un ordinateur où un graphe se dessinait à
l'écran à chaque impulsion, il a fermé hermétiquement
le caisson durant quelques secondes, il a demandé à
Aude de souffler à nouveau et le temps que Aude, un peu
impressionnée par la méthode, se calme, les examens
étaient terminés.
Le médecin nous a communiqué que Aude avait une
fonction respiratoire tout à fait normale, avec même
des capacités pulmonaires légèrement supérieures
à la moyenne pour son âge, son poids et sa taille,
il nous a indiqué qu'il enverrait les résultats
à l'IGR, il nous a salués en nous indiquant la caisse.
Le temps requis par la secrétaire pour introduire correctement
une feuille de papier à en-tête de sa facture dans
son imprimante, recommencer l'opération 2, 3, 4 fois, avant
qu'enfin le document sorte imprimé sans pli et sans erreur,
mais bon sang, la feuille est sortie cette fois sur du papier
sans en-tête, bon, ne vous en faites pas, madame, monsieur,
je vous la ferai à la main si l'ordinateur refuse de nous
la donner ! Nous étions sous le soleil du XIIIème
arrondissement.
Nous étions à côté de la porte d'Italie,
mais Vieng n'avait pas à coeur d'aller ce mercredi dans
le quartier chinois y faire quelques courses, car vous savez que
Aude va rentrer en aplasie et que nous devons donc éviter
les foules.
Malgré le trafic dans la cité des Lumières,
nous nous sommes par contre dirigés vers le centre de la
ville pour retourner prier en famille rue du Bac, où la
chapelle de la Médaille miraculeuse nous inspire tous les
trois (http://chapellenotredamedelamedaillemiraculeuse.com/FR/a.asp).
Une messe en lituanien y prenait fin (clin d'oeil amical à
mes amis de ce petit pays balte) lorsque j'y ai rejoint Vieng
et Aude, après avoir cherché un emplacement de parking
dans le quartier.
L'office terminé, mes 2 chéries se sont approchées
de l'autel où la Sainte Vierge a invité chacun à
s'approcher. Parmi les nombreux pélerins présents,
peu ont sans doute remarqué notre petite fille, qui, comme
une petite souris, s'est furtivement approchée du fauteuil
même où la sainte Vierge s'était assise pour
s'entretenir avec Catherine Labouré en 1830. Un acte de
foi auquel Vieng tenait depuis qu'une amie nous avait rapporté
avoir obtenu la guérison d'un de ses enfants, condamné
à la naissance, en le déposant sur ce fauteuil.
En sortant de la chapelle, Vieng et Aude se sont longuement entretenues
avec 2 soeurs de la Charité qui assurent l'accueil dans
ce lieu et dont l'une leur avait accordé l'autorisation
de s'approcher de cette précieuse relique.
L'une d'elle nous a confié suivre des soins paliatifs après
une chimiothérapie assez pénible. Nous avons promis
de porter nos intentions mutuelles dans la prière. Je me
permets donc de la confier à vos prières, comme
bien sûr nous souhaiterions, sans pouvoir le faire, porter
ainsi le fardeau de tous ceux que nous rencontrons.
Restait à retraverser Paris, saturée par les automobilistes,
à retrouver le brouhaha de nos vies et nos soucis et à
rejoindre la Belgique, où nous avions confié nos
3 garçons à des amis.
Ce matin, après une bonne nuit, sans garçons à
la maison pour la réveiller, Aude s'est réveillée
vers 10h00 en hurlant de mal au ventre.
Elle n'a pas de température. Vieng m'a donc envoyé
à la pharmacie chercher du Dafalgan liquide et lui en a
administré il y a quelques minutes. Je vous tiendrai bien
sûr informés si la situation devait se compliquer
dans les heures à venir. Pour l'instant, elle semble s'être
rendormie. Je ne l'entends plus.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng