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23 mai 2003

Résultats inespérés de la résonnance magnétique !

 

La nouvelle est tout simplement si extraordinaire que nous ne parvenons pas encore à réaliser : les clichés de mercredi sont on ne peut plus excellents. Ils confirment ce que l'état clinique de Aude nous amenait à espérer, c'est-à-dire que la chimiothérapie a un effet très positif contre les lésions qui menaçent la vie de Aude. Les nodules tumoraux ont disparu "à 100%" des clichés de la moëlle épinière et il en est de même de toutes les lésions focales des clichés du cerveau. Seule subsiste une prise de contraste "un peu plus diffuse" au niveau des méninges, sous la forme d'une ligne très brillante, alors qu'elle ne devrait l'être que "moyennement". Il est difficile d'interpréter ce signe, qui pourrait résulter aussi bien de lésions microscopiques que d'une altération des méninges suite à l'irradiation de Aude il y a 2 ans.


Imaginez un peu :
s'il n'y avait cette prise de contraste, on pourrait parler de "rémission sur imagerie" !
Certes, nous sommes conscients des limites de l'imagerie, incapable de montrer les cellules cancéreuses à l'échelle microscopique et nous ne pouvons pas perdre de vue qu'il peut y en avoir plusieurs millions par millimètre cube et qu'une seule suffirait à déclencher une récidive. Le combat est donc loin, très loin d'être gagné.


N'empêche, nous venons de gagner une bataille que d'aucuns n'imaginaient même pas utile d'entamer le 6 mars ! Que tous ceux qui ont soutenu nos bras pour qu'ils restent "levés au Ciel" durant ces jours si longs et si difficiles que nous venons de vivre soient dans la Joie et la Paix qui nous inonde peu à peu et partagent notre bonheur : "
On ne pouvait espérer mieux" a déclaré le docteur S. !"


Le traitement peut donc se poursuivre comme il avait été imaginé par l'IGR, à savoir par une nouvelle cure de chimiothérapie identique aux deux précédentes la première semaine de juin, avec en sortie d'aplasie de celle-ci (soit entre J7 et J15 après la dernière injection), un prélèvement de cellules-souches de la moëlle osseuse, puis un comptage de celles-ci. Comme Aude a été irradiée, on s'attend à ce que le premier prélèvement ne soit pas suffisant et qu'un second doive être réalisé. Lorsque le "compte sera bon", Aude sera prise en charge par l'IGR à Paris en fonction de leur propre planning, ce qui laisse croire qu'une quatrième cure de chimiothérapie aura lieu à l'HUDERF avant que ne commence la chimiothérapide "haute dose" à Paris.


L'expérience a montré aux oncologues que la chimiothérapie "classique" ne suffit pas pour détruire les cellules tumorales. Ils ont donc mis au point un traitement plus agressif encore, qui voudrait venir à bout de ces cellules. Celui-ci est si fort que la moëlle osseuse est incapable de se reconstituer lors de l'aplasie qui suit le traitement. D'où la pratique d'une autogreffe, c'est-à-dire d'une réinjection de cellules souches prélevées au patient lui-même à un moment où ses cellules risquent le moins d'être altérées par les cellules tumorales et donc en sortie d'aplasie d'une cure de chimiothérapie classique.


Ensuite, on verra. On sera en pleine "grandes vacances".

 


J'ai bien sûr aussitôt annoncé la nouvelle qui venait de nous arriver à Christine et Fariba, 2 institutrices de Aude, que j'ai vues à l'école où je venais rechercher Xavier et Antoine ce midi. C'est ainsi que j'ai appris que depuis que Aude avait posté une lettre pour sa classe dans la boîte aux lettres que nous ignorions hors d'usage à l'entrée de l'école, Christine avait surveillé celle-ci et qu'elle avait eu la surprise, quelques jours après, de découvrir qu'un couple de mésanges y avait installé son nid et que des oisillons venaient juste d'y éclore.

Signe d'espoir et de vie !

 


Dans l'Espérance et ses fruits,


Philippe et Vieng