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Mercredi 21 mai 2003

Résonnance Magnétique et patience !

 

 

Nouvel exercice de patience et de maîtrise de soi en milieu hospitalier aujourd'hui.


Prévue à 14h30, la séance de résonance magnétique de Aude a commencé avec près d'une heure de retard. Et quand je dis "commencer", je veux dire "débuter". Il a fallu longtemps avant que je ne réalise que l'opératrice qui allait se charger des clichés de Aude n'avait guère de pratique en la matière.


D'abord, Aude et moi nous sommes étonnés que l'appareil était en fonction, même dans la phase préparatoire. Je blaguais en disant à Aude qu'on venait d'ausculter un fantôme.


Comme à l'accoutumée, je me proposai de rester à tenir la main de Aude durant toutes les opérations, méthode que nous avions adoptée avec Aude "naturellement" il y a 2 ans et que nous avions reconduite depuis à chaque séance de RMN.
J'observai les hésitations de l'opératrice pour installer Aude dans le tunnel. Je fus étonné quand elle m'affirma ignorer qu'il fallait utiliser un produit de contraste pour les clichés de Aude. Qu'elle ignore tout du dossier de notre fille, soit, je pouvais le comprendre, mais qu'elle semble hésiter sur la procédure, alors là !


Enfin, après quelques tâtonements autour de l'engin, elle se retira dans le local informatique, d'où elle prit le contrôle de l'appareil. Je pouvais l'observer cachée derrière son écran, lui-même caché derrière la vitre qui séparait la salle des machines où nous nous trouvions, Aude et moi, de son poste de contrôle.


L'impressionnant tunnel se mit finalement à se déplacer dans l'axe du tunnel, mais quelque chose m'indiquait que tout n'allait pas encore comme d'habitude. Je ne retrouvais pas les bruits assourdissants que je connaissais dans le brouhaha qu'émettait aujourd'hui l'engin. Notre jeune opératrice n'était visiblement pas très à l'aise pour le piloter.


Diable, après quelques minutes, elle interrompit tout et revint dans la salle des machines, chipota dans les cables d'interfaces, maugréant que les images n'étaient pas nettes, retourna à son poste, puis recommença les mêmes opérations que depuis un quart d'heure sans doute.


Finalement, elle interrompit à nouveau le vacarme, revint avec un collègue, pressé, qui déplaça furtivement une fiche d'un connecteur à l'autre, puis l'emmena devant son écran. On recommença le processus. Enfin, l'engin répondit aux commandes et la saisie de clichés put vraiment commencer.


Lorsque la première série fut terminée, notre opératrice revint modifier la position de Aude. En quelques mots, je compris que ses collèques avaient quitté le travail à 16h00, heure prévue, et l'avaient ainsi "plantée" seule devant sa machine, face à deux cas "lourds" en retard, dont celui de Aude. Elle pestait intérieurement, mais se gardait bien de le montrer trop, restant très joviale à notre égard.


Derrière la vitre, je voyais heureusement un radiologue passer de temps à autre superviser les opérations. J'étais donc au moins rassuré sur un point, les clichés réalisés étaient lisibles et bien en cours d'enregistrement.


Un passage plus tard par la salle des machines, l'opératrice m'avoua, pouvait-elle le cacher, qu'elle n'avait pas "beaucoup d'expérience avec cette antenne-ci". Et Aude restait impertubable, sans bouger, sans broncher, malgré les bruits encore plus impressionnants que d'habitude qui sortaient de la machine. Car, bien sûr, aujourd'hui, il n'y avait pas moyen d'écouter un CD de musique pour masquer les bruits : le lecteur était en panne.


Comme l'opératrice n'avait pas encore placé de voie périphérique pour injecter les produits de contraste, je lui fis la remarque. Nous étions si sûrs, Vieng et moi, que cette injection était nécessaire que nous avions pris les devants et prévu le nécessaire pour réaliser une prise de sang du même coup, de manière à profiter de la voie périphérique mise en place aujourd'hui et à ne pas revenir encore demain.


Le radiologue confirma qu'il fallait bien procéder à une série de clichés avec produit de contraste. L'opératrice revint donc une fois encore pour connecter la perfusion, réaliser la prise de sang que nous demandions et faire l'injection. Cette fois, un peu las de toutes ces manipulations, Aude se montra un peu récalcitrante à l'idée d'être encore piquée. Mais cela ne dura pas.


Nouvelle stupéfaction quand l'opératrice m'avoua qu'elle ne savait même pas où et comment il fallait envoyer un échantillon au labo. Finalement, c'est Vieng, en attente dans le couloir à l'extérieur du bloc d'imagerie qui sera sollicitée pour porter le flacon à destination !


Après plus d'une heure et quart sans bouger, Aude a finalement un peu bougé à la dernière séance, qu'il a fallu recommencer.
Il était finalement presque 17h00 lorsque Aude a été libérée. Elle avait amplement mérité son petit paquet de bonbons devenu une tradition lorsqu'on la pique !

 


Vieng téléphonera demain matin pour connaître les résultats de la prise de sang. Compte tenu du taux de polyneutrophiles relevé mardi, nous avons bon espoir qu'elle sera cette fois sortie d'aplasie.

Quant aux résultats des clichés, il faudra sans doute attendre vendredi pour les connaître. Aucun indice de réponse ne nous a en tout cas été communiqué aujourd'hui. Que dire de plus sur notre état ?


Dans l'Espérance,


Philippe et Vieng