Lundi de Pâques 22 avril 2003
Chimio reportée d'une semaine
Il se fait tard. La fatigue me presse, mais je tiens toutefois à partager avec vous les derniers faits marquants de ces derniers jours :
- Nous n'avons eu aucun contact avec l'équipe médicale qui suit Aude depuis mon dernier message. Faute de nouvelles et en l'absence de signes inquiétants, nous en avons déduit que Aude devait être sortie d'aplasie.
- Le report de la seconde cure de chimiothérapie à la semaine prochaine nous laisse un peu de temps pour nous préoccuper de nous-mêmes et vivre en famille la seconde semaine de vacances de Pâques. Dans ce sens, nous avons d'autorité décidé de ne pas imposer à Aude de prise de sang ce lundi.
- Vendredi, Aude et moi avons passé un moment inoubliable à lire ensemble quelques messages relatifs à son hospitalisation il y a 2 ans. Moment d'éternité, dont Aude a gardé des souvenirs très précis. Au nombre de ceux-ci figure le premier mot "choco" que Aude prononça au matin du dernier jour du millénaire, le 31 décembre 2000, mais aussi, et j'en suis très ému, le moment privilégié que nous avions passé dans le palais des glaces de la Fondation Folon, lors des retrouvailles avec ses camarades de classe le 15 mars 2001.
- Samedi soir, Aude voulait absolument voir comment les cloches de Pâques déposaient les oeufs dans les jardins. A 3h30 du matin et à 5h00, nous l'avons surprise à ne pas dormir ! Finalement, il était 8h00 dimanche matin quand les garçons ont tiré tout le monde du lit : les cloches avaient dispersé des oeufs sur la pelouse sans que Aude ne les voie. Notre joyeuse bande, y compris Cyrille, s'en fut aussitôt à la chasse aux oeufs.
- Pour la première fois depuis l'arrêt de l'Oradexan, Aude a eu des nausées un peu après la fin de la chasse aux oeufs. Nausées qui se sont heureusement limitées cette fois à des vomissements matinaux et ne se sont reproduites ni ce lundi, ni ce mardi.
Ce lundi, Aude était en forme et très heureuse d'avoir la visite de 2 de ses amies de l'école. Elle retrouvait toute sa bonne humeur et sa joie de vivre.
Aujourd'hui, nous vivons encore en plein paradoxe : Aude, couverte de ce foulard qui nous rappelle que son traitement n'est pas un mauvais rêve, s'élance seule et comme si de rien n'était sur la balançoire, dessine à la craie sur la route et joue au ballon une très longue partie avec ses frères.
En notre absence, une amie est passée ce soir à la maison, a ramassé une des craies laissées au bord du chemin par nos enfants et a écrit ces mots sur la pierre bleue du pallier de notre porte : "Gros bisous. Union de prière. Christ est ressuscité. Je monte vers mon Père et votre Père. Vous êtes dans Mon coeur". A l'heure où je manque d'imagination pour vous présenter nos meilleurs voeux en cette fête de Pâques, je renvoie vers chacun de vous cette salutation inhabituelle, vers vous, chers amis de Aude, croyant ou non dans le Christ notre Seigneur.
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng