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Vendredi 21 mars 2003

Une scandaleuse croix

 

Ce matin, les nausées ont commencé dès 5h30 et se sont étalées de manière répététive jusque midi, tandis que Aude a dormi une bonne partie de la matinée. Son appétit est toujours aussi faible.

Après-midi, elle a joué au "1000 Bornes" avec Vieng et semblait à nouveau en forme. Mais elle n'avait toutefois pas envie d'aller jouer avec ses amies lorsque celles-ci sont revenues de son école, contrairement aux autres jours.

Xavier semble assez insouciant de la santé de sa soeur et de l'évolution un peu chaotique de la vie familiale. Curieusement, lui qui est d'habitude très angoissé ne marque guère de signes d'inquiétudes.

Antoine, par contre, est déjà très marqué par l'évolution de la situation. Il pose sans cesse la question "quand Aude sera guérie ?" ou plus cruellement "Pourquoi vous ne soignez pas Aude ? C'est de votre faute si elle est malade. Pourquoi vous ne conduisez pas Aude à l'hôpital pour la soigner". Il exprime aussi ses angoisses : "C'est moi qui ai donné mes microbes à Aude quand j'étais malade". Il est enfin un peu jaloux : "Pourquoi c'est toujours nous qui faisons tout ?" (sous-entendu les petites courses), "Pourquoi Aude reste à la maison pour se reposer ?". Ou déclare : "Je ne veux plus aller l'école de toute ma vie".

Cyrille, lui, nous a accompagné dans la plupart de nos périples. Il continue à nous apporter beaucoup à tous.

Quand à Vieng et à moi-même, nous sommes touchés par toutes les nombreuses marques de solidarités qui nous sont exprimées. Ainsi, le service de Vieng a concrètement permis qu'elle ne travaille pas au moins jusqu'à la fin du mois. Un geste incroyable, qui n'est qu'un exemple de l'incroyable chaîne de solidarité qui nous soutient.

Depuis environ deux semaines, nous n'avions qu'une montagne infranchissable face à nous et si peu de force pour l'escalader. Grâce à votre soutien, à l'ensemble de vos gestes d'amitié, à l'indescriptible communion des êtres humains dans l'amitié et la prière, nous avons finalement pu découvrir "un petit chemin escarpé" qui nous permettra, si Dieu le veut, d'aller plus loin. Merci à tous.

Nous sommes impatients d'obtenir la guérison de Aude. Chaque jour qui passe est une "scandaleuse" croix pour elle comme pour nous. Mais l'Amour est si patient avec nous, que nous ne pouvons qu'espérer avec confiance qu'il nous entendra.

Sinon, comme s'est exclamée Aude dans des termes qui ne lui sont pas habituels, "nous gueulerons jusqu'à ce qu'Il nous entende".

Et sur ce plan, nous savons aussi que nous pouvons compter sur d'innombrables amis.

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng