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Mercredi 11 décembre 2002

Rudes semaines

 

Les dernières semaines ont été très rudes. Rien de graves, mais nous n'avons pas le temps de récupérer d'une émotion qu'une autre suit.

La série noire a commencé le 28 novembre, avec Cyrille. Il est grincheux, a eu de la température et a fait des dents. Il est enrhumé et a maintenant une otite. Comme la varicelle règne à la crèche et à l'école et qu'il ne l'a pas encore faite, je m'attends d'un jour à l'autre à voir poindre les fameux boutons ! Mais le temps passe et rien n'apparaît.

Aude est fatiguée. Elle aborde ses tests de fin d'année en petite forme.

Mardi, le 26 novembre, elle était fière de nous raconter que ses amis avaient applaudi lorsqu'elle s'était révélé l'une des seules de sa classe à pouvoir réciter sans hésitations un poème assez complexe qu'ils avaient à apprendre. Un nouveau progrès à souligner, à côté de résultats moins glorieux, mais souvent heureusement loin d'être catastrophiques, comme 7 fautes dans la dernière dictée. Lorsqu'elle est en forme, Aude témoigne de nouveaux progrès, notamment en écriture. En dictée de mots, par exemple, elle se montre plus rapide et hésite beaucoup moins pour le tracé des lettres, ce qui se traduit par un usage beaucoup moins intensif de sa gomme (elle écrit souvent au crayon), d'où des performances accrues. Vieng et moi sommes notamment surpris de voir comme la taille des lettres est beaucoup plus correcte qu'en début d'année.

Mercredi, le 27 novembre, Aude s'est réveillée en pleurant. Elle ne pouvait plus se lever de son lit. Durant les deux jours qui ont suivi, elle n'est pas allée à l'école et a vomi à plusieurs reprises. Inutile de vous dire l'émoi qui fut le nôtre, bien que j'étais moi-même plus enclin à penser qu'il s'agissait d'une nouvelle attaque virale, avec des signes qui ne manquent pas de nous angoisser : vomissements répétés, instabilité psychologique avec passage du rire aux larmes pour un rien et surtout, ce réveil de Aude en pleur, déclarant qu'elle avait mal au dos et à la tête et qu'elle ne parvenait plus à se lever de son lit !

Reposée, elle a finalement repris l'école vendredi après-midi, le 29, après une séance de dentiste le matin.

Après avoir passé une mauvaise nuit de jeudi à vendredi, puis de vendredi à samedi, nous n'étions pas aussi pressé de nous lever que Aude, Xavier et Antoine samedi matin, 30 novembre. Mal nous en pris. Alors que nos enfants sautaient et couraient joyeusement dans tous les sens, je suis finalement allé cherché du pain. A mon retour, Xavier se plaignait d'avoir mal au bas-ventre. Il a pourtant très bien déjeuné. Mais lorsque le moment fut venu de sortir de table, il se plia en deux et ne parvint pas à rester debout, tenaillé par la douleur. Vieng lui a donné du Perdolan pour soulager la douleur. Deux heures plus tard, rien n'avait évolué. Xavier se plaignait toujours de mal au ventre et ne parvenait plus à se tenir, ni assis, ni debout. Inquiet, j'ai finalement pris le chemin de l'hôpital avec lui. Une bonne partie de mon samedi fut ainsi consacré à des examens médicaux : attente, et toujours attente, prise de sang et analyse d'urines, échographie de tous les organes internes pour s'assurer qu'il n'y avait aucune lésion ! Finalement, le mal a disparu 2 heures après notre arrivée à l'hôpital. Antoine aurait-il donné un coup à Xavier le matin ? L'explication est plausible, mais incertaine. Les examens n'ont en tout cas rien permis de détecter.

Dimanche 1 décembre fut consacré à une visite chez mes parents, où Saint-Nicolas avait pris un peu d'avance et déposé des cadeaux dans les assiettes pour nos enfants et leurs cousins. Les maux de Xavier avaient bel et bien disparu.

La semaine fut chargée en rendez-vous de tous ordres : dentiste, logopède, kiné, etc. d'autant que nous avons entrepris de faire un bilan avec Xavier à l'école de Santé Publique à côté de Saint-Luc, afin d'avoir l'avis de spécialistes sur ses difficultés d'exprimer certains sons et de rester en place. Ce bilan ressemble à celui qu'Aude a passé durant les vacances, avec une batterie de tests de psychologie, d'audiophonologie, de logopédie et de psychomotricité.

Ce samedi 7 décembre, nous avions confié nos 4 enfants à Sisaart et Anne-Sophie pendant que nous assistions à l'enterrement d'un de mes oncles, époux de ma marraine.

Antoine, décidément fort turbulent depuis quelques temps, a fait une chute en courant dans le sens de la montée dans un escalier en pierre, d'où un joli cocard à l'oeil, qui a pris la forme d'un bel oeil au beurre noir lundi.

Cela ne suffisait pas. Ce mardi 10 décembre, en jouant avec Xavier, il a ramassé une bille et l'a envoyée sur le front de Xavier de toutes ses forces. Grosse bosse pour Xavier !

Ajoutés à cela les tracas de la vie quotidienne, le stress de notre vie professionnelle, pour moi un peu perturbée par l'évolution du marché des technologies et mes développements en cours toujours inachevés, pour Vieng, par les difficultés de trésorerie de l'hôpital Saint-Luc et leur lot de restrictions en tous genres et par la dure réalité quotidienne qu'affrontent ses patients dialysés et donc forcément les infirmières qui les soignent.

De nouveaux soucis inutiles avec l'administration. Tiens, encore les allocations familiales qui redemandent un formulaire pour la xième fois, prétendent ensuite que tout est en ordre, que ce n'était qu'une erreur, puis recommencent la quinzaine suivante ! Heureusement, Vieng a encore quelques jours de congé à prendre ce mois-ci, en plus de son mi-temps.

Nous terminons cette fois encore l'année sur les genoux.

Cyrille ? Il devient un vrai petit gamin, très coquin et très futé. Son vocabulaire s'accroît, mais reste peu étoffé. Tout évolue vite à cet âge-là, il pourrait encore nous surprendre avant ses deux ans. Mais s'il parle peu, il communique autrement. Sa vivacité d'esprit nous surprend tous les jours. Il comprend tout, sait où tout se trouve. Il est capable d'imaginer que pour accéder à une boîte de gâteau, il faut amener une chaise du salon jusque devant l'armoire de la cuisine, escalader celle-ci, s'emparer d'un tournevis et déchirer avec cet outil la bandelette protectrice de l'emballage. Capable d'aller le soir dans la cuisine, d'allumer la lumière, de se servir à boire, de boire et de retourner dans son lit en éteignant les lumières. Capable de monter dans mon bureau sans se faire remarquer et de s'installer seul sur le clavier de mon ordinateur, à pianoter à sa guise. Capable, en voyant Aude réciter son poème dans notre chambre sans sa farde, d'imaginer qu'elle aurait plus facile avec ses notes, d'aller dans la chambre de Aude chercher la bonne farde sur son étagère et de la rapporter ouverte à sa grande soeur qui en perd, comme nous, le fil de son récit ! Capable d'imaginer beaucoup de bêtises du même style, aussi dangereuses les unes que les autres. Il veut se brosser les dents comme les grands et nous fait rire lorsqu'il crache le dentifrice de toutes ses forces dans la vasque, comme un grand.

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng