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Lundi 9 septembre 2002

Résonnance magnétique stable

 

Ce lundi 9 septembre, Aude a été à l'école à 8h30 comme d'habitude (et oui, encore en retard de 5 minutes !), mais ce n'était que pour une heure, puisque nous avons été la rechercher vers 9h30 pour aller à Bruxelles pour la RMI.

Si vous étiez à Saint-Luc ce lundi, peut-être d'ailleurs avez-vous entendu Aude qui hurlait qu'elle ne voulait pas qu'on lui fasse de piqûres. J'exagère, excusez-moi. En fait, lorsque nous sommes arrivés, le technicien de service pensait qu'il ne fallait pas injecter de produits de contrastes pour examiner Aude.

Notre chérie a aussitôt compris qu'elle ne devait pas être mise sous perfusion et s'en réjouissait. Surpris, j'ai demandé qu'on vérifie s'il n'y avait pas une erreur d'interprétation de la note du docteur concernant les clichés demandés. Après vérification, il est en effet apparu que toutes les fois précédentes, on avait procédé à l'injection de produits de contraste et que cela devait donc être encore le cas aujourd'hui, ce qui a bouleversé Aude, assez fatiguée ce matin (eh bien oui, elle avait un devoir à faire pour ce lundi et, malgré nos rappels, c'est en dernière minute ce dimanche soir qu'elle l'a fait sous la supervision de Vieng !).

Heureusement, je n'avais pas oublié de prendre avec moi le CD pressé par Sissaart à partir de la cassette de chanson que la classe de Aude dans l'école Martin V avait enregistré pour Aude lorsqu'elle venait d'être hospitalisée. Le technicien a donc proposé à Aude de lui mettre le casque durant la séance, comme nous savions que cela était possible. Cela est évidemment plus agréable pour un enfant que les bruits assourdissants du système de RMI. Aude a donc retrouvé son calme et s'est tenue comme à l'accoutumée sans bouger, les yeux figés sur le petit miroir par lequel elle peut me voir du fond de son tunnel. Penché à l'autre extrémité, j'ai tenu la main de ma fille, mesurant durant toute la séance la chance que j'avais d'être ainsi proche de ma fille après toutes les épreuves et avant Dieu sait quelles autres à venir.

En première lecture, les résultats sont "stables", comprenez qu'il n'y a pas de récidive massive de la tumeur. Cet avis devra être confirmé par une comparaison attentive des clichés avec les précédents, afin de s'assurer qu'aucune minuscule zone d'ombre et de mort n'a fait son apparition.

Nous avons rendez-vous à ce propos avec le Docteur Sebire le vendredi 27 septembre.

Après cette épreuve, Aude avait bien mérité une petite gâterie, qui pour elle consiste à se faire inviter par maman dans le restaurant du personnel pour le dîner (elle était à jeun depuis le matin). L'occasion de croiser dans les couloirs des collègues de Vieng, mais aussi des connaissances de Aude, comme quelques infirmières de l'unité 82 ou 81 et comme Pascale, la musicienne de l'asbl "une note pour chacun" qui venait jouer de la guitare pour Aude tous les lundis de sa longue hospitalisation. Nous n'oublierons jamais que pendant que Aude suivait sa radiothérapie, Pascale venait plus tôt à l'hôpital expressément pour accompagner les brancardiers qui conduisaient le lit de Aude à -4 et qu'elle jouait ainsi de la guitare sur tout le trajet, dans les couloirs et ascenseurs, jusqu'au moment où Aude était prise en charge par les anesthésistes. Voilà vraiment une asbl dont j'ai à coeur de rappeler l'action positive.

Une fois Aude rassasiée, nous avons pris, rassurés, la route du retour.

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng