Dimanche 27 mai 2001
Entre l'école et la kiné
Si le cancer n'avait pas amoindri les capacités physiques de Aude, on pourrait presque qualifier la semaine qui vient de s'écouler de "normale".
Comme la semaine précédente, Aude a partagé son temps entre l'école et la kiné, faisant de part et d'autre des progrès.
Parmi ceux-ci, on retiendra que Aude a amélioré sa manière de marcher et a réussi à se tenir en équilibre sur un pied pendant une quinzaine de seconde. Elle progresse également fortement en lecture. C'est ainsi que pour la première fois, jeudi, elle a déchiffré elle-même un message complet qu'un ami lui avait envoyé. Il est vrai que j'avais pris la précaution d'agrandir les caractères à l'écran et que je sélectionnais mot après mot pour qu'elle ne saute pas de lignes. Mais quel soulagement de la voir franchir cette étape aussi importante pour l'avenir de chaque enfant. Aude s'applique avec un courage incroyable à maîtriser aussi l'écriture. Elle occupe une part très importante de ses temps libres à retranscrire inlassablement de sa main gauche des pages de lettres que je photocopie dans un petit manuel. Le plus drôle est que Xavier et Antoine veulent imiter leur grande soeur et me demandent de leur photocopier les mêmes exercices que Aude. Antoine n'en est bien sûr encore qu'à faire quelques griffonnages, mais Xavier lui ne suit pas trop les tracés. Il a bien sûr encore le temps avant de comprendre ce que sont des lettres ! Reste les calculs. Aude a encore du mal de compter jusque 100 sans se tromper. Il faudra continuer à travailler les maths.
Hier, Cyrille a eu 4 mois. Il pèse plus de 6 kilos maintenant et se porte comme un charme.
Une ombre au tableau malgré tout. Aude pleurniche facilement, sans vraiment de raisons. Des pleurs qui réveillent en nous de mauvais souvenirs. D'autant que ce lundi matin, en déjeunant, Aude a trouvé que sa tartine au fromage avait mauvais goût, a toussé et a vomi tout son déjeuner. J'étais alors occupé à préparer les garçons pour l'école dans le salon. Aude, qui sait qu'elle peut partager avec moi ses angoisses, est venu me le dire. Il n'en fallait pas plus pour que notre inquiétude refasse surface. Et si !
Ne nous oubliez pas dans vos prières ! Le combat n'est pas fini ! Soyez sûrs que nous vous portons tous dans les nôtres !
Dans l'Espérance,
Philippe et Vieng