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Dimanche 4 février 2001

Dans l'Espérance

 

Cette fin de semaine a une fois encore été mouvementée.

Jeudi 1er dans l'après-midi, un assistant a malencontreusement évoqué les clichés du matin en précisant qu'ils révèleraient une dilatation des ventricules céphalo-rachidiens, sans pouvoir en dire plus. Imaginez notre angoisse jeudi soir à l'idée qu'il allait falloir réopérer Aude au cerveau alors que la radiothérapie n'était pas terminée et qu'elle était déjà abattue par ce traitement. Angoisse entretenue toute la journée de vendredi, faute de pouvoir rencontrer le professeur Sebire avant le soir !

Heureusement, cette information a finalement été infirmée vendredi soir ! Le docteur Sebire nous a au contraire rassurés et invités à venir le lendemain regarder les clichés nous-mêmes dans son bureau. Une légère dilatation des ventricules apparaît bien sur les clichés, mais elle est tout à fait dans les limites de l'acceptable selon lui et surtout, elle n'a pas varié depuis la pose du drain le 11 décembre ! Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter à ce propos. En théorie, Aude devrait pouvoir vivre toute sa vie avec ce drain sans qu'aucune intervention ne soit nécessaire !

Le professeur Sébire a alors surtout insisté sur une bonne nouvelle, officielle celle-là et de taille. Sa hantise en demandant les clichés était en effet, il nous l'a avoué, de revivre l'expérience pénible qu'il avait déjà vécue avec d'autres patients présentant des tumeurs du type de Aude, à savoir une prolifération folle de la tumeur après son exérèse (*) révélée par les clichés de contrôle en cours de radiothérapie. Dieu soit loué, dans le cas de Aude, il n'en est rien en ce moment ! Les clichés montrent bien qu'il reste encore une zone nébuleuse à traiter, reconnaissable par une petite tache blanche de quelques millimètres sous le cervelet. Mais cela, nous savions que les médecins s'attendaient à cette étape du traitement. Par contre, la bonne nouvelle est que cette zone est de taille réduite, ce qui est de bonne augure pour la suite du traitement, selon les propos du docteur Sebire lui-même.

La tumeur de Aude n'a donc pas réussi à reprendre de la vigueur depuis son exérèse, il y a maintenant déjà 2 mois ! Et cela, c'est très, très important, car vu le type de tumeur, il y avait tout lieu de craindre le contraire, avec les conséquences thérapeutiques que cela aurait eu. Bien sûr, il faut garder notre sang-froid, tout n'est pas joué, loin s'en faut. Notre ennemi est redoutable, il ne faut pas le négliger. Mais nous avons au moins enfin après 2 mois une période de répit, un moment de soulagement !

C'est avec une joie intense que nous avons le bonheur de partager cette nouvelle avec vous.

D'autant que cette nouvelle a déjà pour autre conséquence que le traitement à base de cortisone infligé à Aude a immédiatement été réduit de moitié ce samedi et le sera progressivement chaque jour de la semaine prochaine ! Autre source de soulagement, sachant que Aude présente ces derniers jours des signes inquiétants de réaction à la cortisone dont je n'avais pas encore eu l'occasion de vous faire part. Sa tension artérielle s'élève en effet régulièrement au-dessus de 13 et nécessite un traitement à l'aide d'un antidote (des gouttes d'Aprical pour les initiés), sa température flirte régulièrement avec les 37.5° C et son rythme cardiaque est constamment supérieur à 120 pulsations par minute. Aude transpire enfin à grosses gouttes et tousse de temps à autre d'une toux sèche !

Espérons que la diminution progressive des doses de cortisone administrées prochainement permettront au petit organisme de notre fille de retrouver son équilibre pour avoir la force d'affronter les 10 dernières séances de radiothérapie encore au programme !

Dans l'Espérance,

Philippe et Vieng

(*) ablation