Lundi 29 janvier 2001
La radiothérapie épuise notre chérie
Je suis de passage à la maison pour une ou deux heures.
Vieng et Cyrille se portent bien. Le pédiatre ne passera que demain, de sorte que Vieng pourra "officiellement" sortir de clinique demain mardi. Entre-temps, elle garde Aude avec Cyrille aujourd'hui et profitera de sa chambre pour se reposer cette nuit. A sa "sortie", elle reviendra passer la nuit à la maison, du moins si rien ne change d'ici là.
L'étage de Aude est moins calme, particulièrement en ce moment où les nuits sont animées par les cris et pleurs de plusieurs enfants du service.
Aude accuse tous les jours un peu plus la fatigue de la radiothérapie. Le professeur Sebire qui l'a examinée vendredi a posé l'hypothèse que l'accélération de son pouls serait dûe à un nouvel oedème au niveau de la lésion. Celui-ci résulterait de la radiothérapie, qui aurait fragilisé l'aire de l'intervention chirurgicale (il n'y a pas d'autres signes qui laissent à penser que ce serait la tumeur qui serait en cause). Il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter outre mesure, mais par prévention, on a doublé -et parlé de tripler- les doses de cortisone et on a placé Aude sous monitoring. Celui-ci montre que le pouls est élevé, au-dessus de 120 pulsations même au repos, mais heureusement régulier.
La journée de Aude se passe donc entrecoupée de moments d'éveil (comme celui pris sur le vif où elle fait quelques exercices avec Olivier, l'instituteur de l'école Escale et dont les photos ont été transmises sur le site internet le 25) et de moments d'abattement.
Aude passe en quelques instants de l'un à l'autre, ce qui est déroutant. Elle rigole, puis fond en larmes ou s'endort. Avec la fatigue, les moments d'éveil deviennent plus brefs, la tonicité de sa voix est plus faible.
Face au courage de ma fille, de mon fils et de ma fille, oserais-je dire que je tiens difficilement le coup ?
Philippe et Vieng